Le titre de son livre donne immédiatement le ton. Pourtant, Marc Eynaud insiste : 'L’ampleur des dégâts' n’est pas, selon lui, un simple pamphlet supplémentaire contre Emmanuel Macron. Son ambition est ailleurs : dresser un bilan documenté, domaine par domaine, pour évaluer concrètement ce que les années Macron ont produit.
"Rien de positif dans son bilan"
"Le pari, c’était d’aller vraiment au-delà de la personnalité d’Emmanuel Macron, qui est extrêmement clivante, et de dire : il y a peut-être des choses qui ont marché, il y a peut-être des choses qui ont fonctionné", explique le journaliste au micro de Sud Radio.
L’auteur affirme avoir abordé son travail avec l’idée de trouver des éléments positifs dans l’action présidentielle. Mais son enquête l’aurait conduit à une conclusion inverse. "J’étais persuadé de trouver quand même une ou deux données économiques où il s’est passé quelque chose. En réalité, rien. C’est ça qui est terrible : Emmanuel Macron laisse vraiment derrière lui un champ de ruines."
⚡️ @Eynaud_Marc présente son ouvrage 'L'ampleur des dégâts' dans lequel il analyse le véritable bilan d'Emmanuel Macron #LeChocDesIdées
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🗣️ "J'ai voulu chercher s'il y avait des choses qui ont fonctionné. En réalité, il n'y a rien de positif, il laisse derrière lui un champ de… pic.twitter.com/GlfJmmucIZ
Une analyse radicale, qui repose selon lui sur une idée centrale : Emmanuel Macron aurait davantage gouverné par la communication, la mise en scène et la recherche d’un destin personnel que par une véritable doctrine politique.
Un mouvement politique construit autour d’un homme
L’un des sujets au cœur de l'ouvrage de Marc Eynaud réside dans l’avenir du macronisme après le départ d’Emmanuel Macron. Pour lui, le mouvement est déjà en train de disparaître, car il n’aurait jamais réellement existé indépendamment de son fondateur. "Le macronisme n’existe que parce qu’Emmanuel Macron est au pouvoir", affirme-t-il.
Selon le journaliste, Emmanuel Macron aurait volontairement évité de construire une succession claire afin de préserver toutes ses options politiques futures. Gabriel Attal, longtemps présenté comme un héritier possible, aurait ainsi été progressivement éloigné de cette position. "Tout le monde voyait Gabriel Attal comme un héritier présidentiel. Force est de constater qu’Emmanuel Macron a tout fait pour ne pas avoir d’héritier, parce qu’il ne veut justement pas se fermer la porte à une potentielle candidature plus tard."
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🗣️ "Il a passé son temps à cliver, monter les gens les uns contre les autres. Il suscite un dégoût profond de la politique dans la population"… pic.twitter.com/5qZyaWQDn2
La dissolution de l’Assemblée nationale aurait également révélé, selon Marc Eynaud, la fragilité du lien entre Emmanuel Macron et ceux qui l’ont accompagné depuis 2017. Il évoque des élus et des responsables politiques qui avaient engagé leur carrière, leur réputation et leur avenir derrière le chef de l’État, avant de découvrir qu’ils pouvaient être sacrifiés au nom d’une stratégie politique : "Vous aviez des personnes qui étaient engagées depuis 2017 à ses côtés, qui avaient tout donné. Et du jour au lendemain, ils se sont aperçus qu’Emmanuel Macron était prêt à tous les envoyer au chômage pour créer son propre événement politique."
Pour lui, cette séquence révèle une conception particulière du pouvoir : un pouvoir davantage attaché à une trajectoire individuelle qu’à la construction d’une famille politique durable.
"L'homme aux mille milliards de dette"
L'aspect économique occupe une place importante dans l’analyse de Marc Eynaud. Il estime que le principal héritage du président sera celui d’une dette publique considérablement alourdie. "Emmanuel Macron restera comme l’homme aux mille milliards de dettes", affirme-t-il.
Il critique notamment la politique du "quoi qu’il en coûte" menée pendant la crise sanitaire. Selon lui, si certaines aides étaient nécessaires pour éviter un effondrement immédiat de l’économie, elles auraient aussi permis de maintenir artificiellement en activité certaines entreprises fragiles.
Même logique concernant les chiffres de l’emploi. Marc Eynaud conteste l’idée d’une transformation profonde du marché du travail sous Emmanuel Macron : "Quand on nous dit 2,5 millions d’emplois créés, il faut regarder ce qu’il y a derrière."
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🗣️ "Pendant le Covid, l'État a dépensé des dizaines de milliards pour maintenir artificiellement en vie des entreprises. Elles ont toutes fermé… pic.twitter.com/kROarVammD
Il évoque notamment les auto-entrepreneurs, les contrats d’alternance ou encore les emplois publics, qui relativiseraient selon lui la portée du bilan annoncé : "Le problème n’est pas que ces dispositifs existent. Le problème, c’est de les présenter comme une preuve d’une réindustrialisation ou d’une création massive de richesse."
L'autre échec cuisant du bilan d'Emmanuel Macron aux yeux de Marc Eynaud, c'est sur le volet de l’immigration. Le journaliste estime que les différentes lois adoptées durant les mandats Macron n’ont pas permis de réduire les flux : "Il y a eu beaucoup de lois sur l’immigration, mais elles n’ont strictement rien réglé." Pour lui, le problème vient d’une absence de volonté politique claire : "Il y a eu un refus d’obstacle, un refus d’aller jusqu’au bout et de régler le problème."
Le 'en même temps' permanent
Au-delà des chiffres, Marc Eynaud insiste sur ce qu’il considère comme la caractéristique principale du macronisme : une succession de positions contradictoires.
Il cite notamment les évolutions sur les questions internationales, estimant qu’Emmanuel Macron aurait souvent privilégié la posture diplomatique et la mise en scène au détriment d’une ligne constante : "Emmanuel Macron a toujours fait du “en même temps”, mais parfois au point de donner l’impression de dire tout et son contraire."
Il revient également sur l’affaire Alstom, antérieure à son arrivée à l’Élysée mais révélatrice selon lui d’une vision de la souveraineté industrielle. Le journaliste estime que la cession de certains fleurons français constitue l’un des grands dossiers qui pourraient revenir dans le débat après la fin du mandat présidentiel : "La France a cédé des actifs stratégiques qui ont parfois été rachetés ensuite beaucoup plus cher."
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🗣️ "Parmi les bénéficiaires de la vente d'Alstom, beaucoup ont soutenu la campagne d'Emmanuel Macron en 2017. Dans un signalement judiciaire, Olivier Marleix a pointé un possible 'pacte de corruption' "
📻… pic.twitter.com/lcG7dvZsm8
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