Retranscription des premières minutes :
- « Sud Radio, le grand matin week-end, 7h-10h, Laurence Perrault. » « Et face aux multiplications des feux de forêt, des incendies d'été, de végétation, cet été, une question revient sans cesse, nos campagnes sont-elles suffisamment entretenues ? On va en débattre avec Georges Fandos, qui est ingénieur agronome expert des questions agricoles.
- Bonjour M. Fandos. » « Bonjour. » « Et Quentin Legallou, qui est membre de la FNSEA d'Eure-et-Loire. Bonjour M. Legallou. » « Bonjour. » « Alors avant de vous donner la parole à tous les deux, nous avons posé la question à tout le monde, évidemment, vous le savez, depuis le début de notre grand matin week-end.
- Je vais vous partager les résultats des enquêtes et des études qui ont été faites de ce sondage, autant sur la page YouTube de Sud Radio que sur le compte X ou le compte Facebook de Sud Radio.
- Sur le compte X, les gens disent oui à 80... enfin non, pardon, à 80,6%.
- Non, les campagnes ne sont pas assez bien entretenues en France face aux incendies.
- Et sur la page YouTube, c'est 90% de personnes qui pensent que face aux incendies, nos campagnes ne sont pas suffisamment entretenues.
- Alors la première question que je vais vous poser à tous les deux, Quentin Legallou, selon vous, nos campagnes sont-elles suffisamment entretenues face aux incendies ? « Malheureusement, non, pas à mon goût.
- En fait, on a eu des campagnes peut-être trop entretenues dans des années antérieures, que ce soit les années 80-90, où les faucheuses et les broyeurs passaient sur les accotements, peut-être trop récurrents et que ça coûtait cher au gouvernement, que ça couchait cher aux collectivités.
- Et aujourd'hui, on est passé totalement à l'envers.
- C'est-à-dire, on va mettre un coup de faucheuse le long des bas côtés, le long des fossés, peut-être un coup au printemps et un coup à l'automne, sous prétexte biodiversité, d'accord, pour les fleurs, etc.
- Sauf que malheureusement, ça fait trois semaines qu'il n'y a plus de fleurs, ça fait trois semaines que les herbes sont aujourd'hui sèches et qu'elles sont totalement propices à des démarrages de feu.
- Donc non, malheureusement.
- La campagne n'est pas assez entretenue.
- Georges Fondos, d'un point de vue agronomique, qu'est-ce qui a vraiment changé dans l'entretien des sols, des haies, des sous-bois, ces 20 ou 30 dernières années ? Eh bien, je pense qu'il y a un problème d'aménagement du territoire.
- Des pas entiers de notre territoire sont abandonnés.
- Je prends l'exemple des Cévennes, chez nous, dans le Midi.
- Avant, vous avez de l'exploitation minière qui faisait qu'on entretenait des forêts de pins.
- Avec le déclin de l'activité minière et de l'élevage, ce sont des zones qui sont complètement abandonnées.
- Il y a des roses soumises de pins très denses, par grand vent et sur des zones très pentues.
- Il est absolument impossible d'arrêter le feu facilement.
- Il faudrait réaménager l'espace rural, arrêter la politique de déménagement du territoire à laquelle nous assistons et re-encourager à la fois le secteur de l'élevage pour faire du silvopastoralisme.
- Et aussi, dans le Midi, on voit très bien que quand il y a des vignes, comme par exemple, je pense à l'incendie de Lod de l'an dernier, le feu s'arrête.
- C'est-à-dire que l'activité agricole, l'agriculture agricole contribue à la lutte contre les feux de forêt et son abandon ne fait qu'aggraver les choses.
- Bien sûr.
- Pour vous aussi, les campagnes ne sont pas suffisamment entretenues parce qu'il n'y a pas que les zones agricoles, il y a tout le reste.
- Parce que par exemple, évidemment, côté agricole, on entend parler de parcelles abandonnées qui favoriseraient la propagation des feux.
- Comment vous répondez à cela, vous, Quentin Le Gallou ? C'est exactement ça.
- Aujourd'hui, on se retrouve où on a des agriculteurs qui, par manque peut-être de rentabilité sur leur exploitation, que ce soit en élevage, en mouton, que ce soit dans les vignes où on a une crise viticole qui dure depuis 3 ou 4 ans, ou même aujourd'hui, on l'aperçoit aussi sur les céréales quand on prend le département du Cher, de l'Inde, de l'Inde-et-Loire, où aujourd'hui, des agriculteurs ont préféré laisser en jachère, faute de rentabilité sur...
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