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Moïse Kouamé : “J’avais juste envie de courir, de m’arracher et de gagner ce match”

Après sa victoire au second tour de Roland-Garros, Moïse Kouamé, 17 ans, a savouré l’instant sans se laisser emporter. Entre gestion du public, bascule mentale dans un tie-break sous tension et premières lumières médiatiques, il raconte un match où il a surtout appris à tenir debout dans le chaos.

France's Moise Kouame reacts after a point as he plays against Paraguay's Adolfo Daniel Vallejo during their men's singles match on day 5 of the French Open tennis tournament on Court Suzanne-Lenglen at the Roland-Garros Complex in Paris on May 28, 2026. (Photo by Dimitar DILKOFF / AFP)

Pour son premier Roland-Garros à seulement 17 ans, Moïse Kouamé a remporté une bataille de près de cinq heures contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo. La nouvelle coqueluche du tennis Français garde la tête froide et raconte son match.

"Sans eux, ce serait probablement une tout autre histoire"

C'était un match très serré. Félicitations, Moïse ! Où as-tu puisé l’énergie de remporter la victoire ?

""Bien sûr, le public m’a transmis beaucoup d’énergie. Ça m’a permis de continuer mentalement et physiquement. Et sans eux, ce serait probablement une tout autre histoire. Donc, j’étais vraiment content de pouvoir compter sur eux. J’ai reçu beaucoup de soutien aujourd’hui. Je tiens à les remercier."

Remporter un tel match à Roland-Garros, après un tel combat, dans un tournoi qui n’a pas été remporté par beaucoup de Français, 2 en 80 ans. Est-ce un rêve pour toi ? Est-ce une satisfaction d’autant plus importante, la meilleure à laquelle tu pouvais t’attendre ? Est-ce un rêve pour toi ?

"Gagner Roland-Garros est évidemment un rêve, mais gagner les 4 tournois du Grand Chelem est aussi un rêve. Évidemment, Roland-Garros est particulier. Il est peut-être un peu tôt pour parler de remporter un tournoi, mais je suis très content d’être au troisième tour et je vais faire de mon mieux pour remporter un autre match."

"J’ai toujours rêvé de faire le show"

Tu as su te servir du public de façon remarquable en montrant ton oreille, en échauffant la foule. J’imagine que tu n’as pas eu l’occasion de jouer sur des courts aussi grands dans ta vie. Avais-tu anticipé cela ou est-ce venu naturellement pour toi ?

"À l’entraînement, je m’entraîne là-dessus. Je suis le panier pour mon coach… J’ai toujours rêvé de faire cela, d’échauffer la foule, de faire un peu le show sur le court. J’en ai toujours rêvé, j’aime le faire en plus. C’est un peu trop de le faire sur chaque point. Donc, j’essaie de comprendre quand le moment est bien choisi pour recevoir le plus d’énergie possible de la part du public. Et comme tu le dis : aujourd’hui, je m’en suis très bien sorti. Donc, j’en suis vraiment content."

En février, tu gagnais à un niveau ITF. Il y avait 1 000 personnes environ et tu disais, j’ai hâte que ce soit encore plus. Peux-tu expliquer à quel point tu as pris du plaisir aujourd’hui à entendre plus de 10 000 personnes crier ton nom et à quel point tu t’es libéré dans le match, à quel point tu as joué de plus en plus avec eux ?

"C’est clair que j’aime ce sport pour ce genre d’atmosphère et de pression. J’ai joué devant 10 000 personnes. Ce n’était pas facile. J’ai réussi à bien capter leurs énergies parce qu’ils sont là pour me faire gagner pas pour me stresser, pas pour me tendre. Oui, c’est clair que, pour ma part, je prends plus de plaisir en jouant devant 10 000 personnes qu’en jouant devant 10. Je me suis vraiment amusé sur le terrain. C’est le plus important."

"J'avais juste envie de gagner, je ne pensais même pas à qui j’avais en face"

Tu n’as pas vraiment d’expérience de ce genre de match, un peu la dramaturgie, tout cela. Dans le jeu décisif, quand il revient et que cela commence à basculer, je me demande justement à quoi tu te raccroches, où tu vas puiser parce que c’est ta première là-dessus, tu n’as jamais vécu ça, il y a beaucoup de pression, tu pourrais te dire : « holà là, mince ! » Comment arrives-tu à reprendre tes esprits ?

"C’était dur, très dur. Mentalement, c’était franchement très, très dur. Encore une fois, quand je passe de 6-1 à 6-7, je ne sais même pas à quoi je pense à part : « il faut que je continue, le match n’est pas terminé. Il faut que je continue, que je donne tout. Il faut que je fasse le meilleur coup pour le déranger ». C’est vrai que, mentalement, ce n’était vraiment pas facile de passer de 6-1 à 6-7. J’ai vraiment dû travailler sur moi, rester très calme, penser au point suivant et pas à « je viens de perdre 6 points d’affilée » ou des trucs comme cela ; et c’est ce que j’ai fait.

Encore une fois, avec l’aide du public, c’était encore mieux parce que sans public, est-ce que j’aurais réussi à rester concentré sur le prochain point ? Je ne sais pas. Avec l’aide du public, j’ai pu rester assez lucide, posé et calme pour remporter ce tie-break. J’en suis vraiment fier. C’est sûr que, en termes d’expérience, finalement, quand tu joues, pour ma part, j’avais juste envie de gagner, je ne pensais même pas à qui j’avais en face, ni à mon âge, ni à l’expérience que j’avais ou pas. Je pensais juste à courir, à m’arracher et à gagner ce match."

Sur les réseaux sociaux, on voit beaucoup ton nom. J’imagine qu’à la radio et à la télévision, on entendra beaucoup ton nom dans les prochaines heures. Es-tu prêt à affronter cette attention, cette attractivité médiatique ? Est-ce que tu t’es préparé ?

"Ce n’est pas à moi qu’il faut dire bravo sur les réseaux, mais à mes sœurs parce que ce sont elles qui gèrent. (Rires.) C’est un boost médiatique assez agréable à voir. Si je suis prêt ? On ne le sait vraiment jamais que quand on est dans l’action, dans le moment. Je suis quelqu’un qui ne regarde pas trop les réseaux, pour être honnête. Voilà, je ne sais pas trop quoi répondre.

C’est à mes sœurs qu’il faut dire bravo parce que ce sont elles qui font le travail, en fin de compte. Si j’ai eu cette montée en termes d’abonnés, j’en suis fier et c’est parce que je suis au troisième tour, mais je suis au troisième tour parce que je me suis entraîné. Est-ce que je suis prêt ? Peut-être et on verra à l’instant T."

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