Violences politiques, La France Insoumise (LFI), municipales à Marseille, stratégie du RN, union des droites, Bruno Retailleau, avenir de Marine Le Pen. Au micro de Sud Radio, Franck Allisio a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
"Un jour, Monsieur Mélenchon sera victime de sa propre créature"
Jean-François Achilli pour Sud Radio : Que vous inspirent ces images d’élus quittant leur mairie sous les huées ? À qui la faute ?
Franck Allisio : “Je dis que La France Insoumise n’est pas un parti comme les autres. On l’avait dit. Lors de la campagne de 2024 à Avignon, notre candidate ne pouvait plus faire campagne : elle était menacée, agressée, harcelée. La police elle-même lui conseillait d’éviter de sortir. À Marseille, moi-même j’ai été intimidé. Ce sont des méthodes violentes.”
Vous décrivez un climat de plus en plus tendu ?
“Oui. Aujourd’hui, il y a des quartiers où l’on ne peut plus faire campagne. À Marseille, je peux aller partout sauf dans certains endroits comme la Plaine. Ce sont des zones tenues par des militants que certains appellent antifascistes, mais qui sont en réalité violents, antisémites et anti-républicains.”
Craignez-vous que cette violence ait des conséquences politiques ?
“Oui. Ils déborderont un jour Jean-Luc Mélenchon. Il sera victime de sa propre créature. On ne peut pas attiser ce type de comportements sans en payer les conséquences.”
🗣️@franckallisio (RN) : "LFI n'est pas un parti comme les autres. J'ai déjà été intimidé à Marseille. Il n'y a qu'à La Plaine, quartier antifa, où je ne peux pas aller. Un jour, Mélenchon sera victime de sa propre créature" #GrandMatin
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Vous redoutez aussi leur gestion des villes ?
“Oui, clairement. Ils ne sont pas faits pour gérer des villes ni pour exercer le pouvoir dans l’intérêt général. Ce sera un petit clan qui exercera le pouvoir avec violence, sans discernement.”
"Je ne crois pas au plafond de verre du RN"
Le RN progresse, mais échoue dans les grandes villes comme Marseille. Pourquoi ?
“Je ne crois pas au plafond de verre du RN. Cela fait dix ans qu’on en parle. Or, en dix ans, nous sommes passés de deux députés à 140 avec nos alliés. Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons 11 députés sur 16. La progression est considérable.”
Mais il manque encore les grandes métropoles…
“Une alternance comme la nôtre se fait par étapes. Nous avons franchi beaucoup d’étapes. Il reste la dernière marche, mais elle arrive.”
Comment expliquez-vous concrètement votre défaite à Marseille ?
“Il n’y a pas eu de surmobilisation particulière d’un électorat. Il y a eu surtout un vieux système vermoulu, avec des combines d’appareils. Entre retraits et maintiens stratégiques, cela a joué.”
Vous pensez à la droite locale ?
“Oui. Si nous avions réussi à aller jusqu’au bout de l’union, nous aurions pu l’emporter. J’ai tendu la main du début à la fin. Nous avions déjà une liste très large avec des LR, des centristes, des personnes venues de Reconquête. Il manquait quelques symboles pour finaliser cette union.”
Ce sera possible la prochaine fois ?
“Oui. Cette dynamique d’union se fera la prochaine fois.”
"Bruno Retailleau fait perdre du temps à la France. Ce qui coince aujourd’hui, ce sont quelques chapeaux à plumes"
Bruno Retailleau a refusé toute alliance avec vous. Est-il un frein ?
“Oui. Jordan Bardella lui a tendu la main entre les deux tours. Il n’a pas voulu. Le ‘ni-ni’, c’était il y a vingt ans. Aujourd’hui, c’est dépassé. Bruno Retailleau parle comme il y a vingt ans. Il fait perdre du temps à la France.”
Vous venez de la droite. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui selon vous ?
“Ce qui coince aujourd’hui, ce sont quelques chapeaux à plumes. Quelques grands élus déconnectés du terrain, enfermés dans leurs états-majors parisiens.”
🗣️@franckallisio (RN) : "Ce qui coince aujourd'hui, ce sont quelques chapeaux à plumes, des grands élus déconnectés. LR a trahi, les électeurs n'en peuvent plus !" #GrandMatin #Municipales
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Vous parlez de trahison ?
“Oui. Lors de la dissolution, certains ont appelé à voter pour des candidats soutenus par LFI contre des candidats issus de leur propre famille politique. Les électeurs n’en peuvent plus.”
Les électeurs de droite basculent-ils vers le RN ?
“Oui. À Marseille, une grande partie de nos électeurs viennent de la droite. Aujourd’hui, nous sommes le grand mouvement de rassemblement populaire, avec des valeurs de patriotisme, d’autorité et de méritocratie.”
Que pensez-vous de l’idée d’une primaire à droite sans le RN ?
“C’est hallucinant. Désigner un candidat pour faire 10%, cela n’a aucun sens. Les électeurs ne suivront pas.”
"Nous assumons de travailler avec ceux qui représentent leur peuple"
Comment tranchez-vous le débat entre union des droites et dépassement du clivage ?
“Je le tranche comme un gaulliste. Le général de Gaulle mettait la France au-dessus des partis. Nous voulons rassembler tous les Français. C’est ce que portent Marine Le Pen et Jordan Bardella.”
Vous assumez les relations avec Viktor Orban ?
“Oui. Nous travaillons avec des dirigeants qui ont la confiance de leur peuple. Viktor Orban incarne son pays depuis quinze ans.”
Faut-il dialoguer avec Reconquête ?
“Les Français n’aiment pas les tambouilles d’appareils. Mais à Marseille, nous avons montré que c’était possible de travailler ensemble localement. Il faut que cela se fasse dans les deux sens.”
Marine Le Pen doit-elle être candidate en 2027 ?
“Je l’espère du fond du cœur. Elle est notre candidate naturelle. Elle a l’expérience et un lien particulier avec les Français. Jordan Bardella serait un bon candidat si nécessaire, mais Marine Le Pen reste la mieux placée.”
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