Drôle d’époque avec vous Éric Revel et la fraude sociale qui s'élève à des milliards d’euros. E le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, durcit le ton et donne de la voix.
« Oui, il a donné une interview au JDD et s'est appuyé sur une note du 13 janvier 2026, celle du Haut conseil de la protection sociale qui estime que la fraude sociale coûte à la France 14 milliards d’euros par an. 14 milliards d'euros par an de fraude sociale.
"52% est due aux entreprises qui dissimulent du travail"
Alors, comment se décompose cette fraude sociale ? C'est très simple, à 52%, elle est due aux entreprises qui dissimulent du travail, qui sous-déclarent des salariés, qui versent donc moins de cotisations, ce qui constitue un manque à gagner pour l'URSSAF. À 36%, cette fraude sociale, elle est due aux assurés sociaux.
Ils truandent sur les prestations, le RSA, les allocations chômage, les arrêts maladie, etc. Et 12% de cette fraude sociale dans notre pays est due aux professionnels de santé qui fraudent l'assurance maladie, des dépassements, des actes fictifs, etc. Donc c'est un vrai fléau auquel Monsieur Farandou, ministre du Travail, veut maintenant s’attaquer. »
"Le ministre durcit les sanctions"
Alors, qu'est-ce qu'il propose le ministre du Travail contre les fraudeurs individuels et les entreprises ?
« Farandou, Jean-Pierre, de son prénom, ministre du Travail, soutient le projet de loi, qui a été adopté par le Sénat en novembre 2025 et qui va passer à l'Assemblée Nationale, ce projet de loi sur la fraude sociale à la fin février. Alors, le ministre durcit les sanctions.
🇫🇷 Fraude sociale : le gouvernement veut suspendre les allocations en cas de suspicion
— Sud Radio (@SudRadio) February 9, 2026
🗣️ @ericrevel1 :"La fraude sociale coûte 14 milliards d’euros par an à la France : elle est due à 52 % aux entreprises, à 36 % aux assurés sociaux et à 12 % aux professionnels de santé"… pic.twitter.com/ehWEO5xJiE
"Tolérance zéro face à la fraude sociale"
En tout cas, c'est ce qu'il annonce contre les fraudeurs. Alors, du côté des allocations, chômage, prestations sociales, il dit qu'il faut peut-être suspendre ceux qui perçoivent des aides sociales. Par exemple, les fraudes les plus caractéristiques, il faut quand même le dire, ce sont des indemnités chômage qui sont versées par la France à des résidents à l'étranger.
Il y a aussi des pensions, des retraites qui sont versées à des personnes décédées, notamment à l'étranger. Et côté entreprise, il dit qu'il y a une flagrance sociale. Vous savez que pour l'instant, quand une entreprise est prise la main dans le sac, on saisit sa trésorerie pour combler cette fraude sur un délai de 15 jours. Farandou, il propose de la saisir immédiatement, de bloquer les comptes immédiatement. Et il parle de tolérance zéro face à la fraude sociale. »
"Des coups d'épée dans l'eau qui ne trompent plus grand monde"
Est-ce qu'il y croit lui-même à la tolérance zéro ?
« Il espère récupérer un milliard sur les 14 milliards dont je vous parlais au début de fraude annuelle. Donc, on voit bien l'extrême limite de parler de tolérance zéro lorsqu'on récupère un milliard d'euros sur 14 milliards de fraude. D'autant qu'en 2024, c'était déjà 680 millions d'euros qui avaient été récupérés.
Donc, vous voyez, ce ne serait pas énorme. Moi, je vais vous dire, sur le fond, ces slogans gouvernementaux, « tolérance zéro », « la République ne reculera pas », sont des coups d'épée dans l'eau qui ne trompent plus grand monde. Mais, ce qui est bien, c'est que Farandou, qui est plutôt un homme social, qui est l'ancien patron de la SNCF, qui est habitué à négocier avec les syndicats, met le doigt sur quelque chose de très important qui est la fraude sociale ou fiscale. 14 milliards d'euros de fraude par an dans notre pays. »
Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.