"Goldman Sachs est une toile d'araignée mondiale, ce sont eux qui notent les pays"

Pascal Grégoire, auteur du livre Goldman sucks

Auteur du livre Goldman sucks, Pascal Grégoire était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mercredi pour revenir sur le séisme de laa crise économique de 2008, qui se reproduira selon lui.

"Trois faits divers ont eu lieu en 2008, de vrais faits divers qui ont touché trois familles différentes. Une petite fille arrêtée à la cantine parce que ses parents ne payaient pas. Le deuxième jour, j’écoute la radio et j’entends qu’une dame était ramenée de la maison de retraite et déposée devant chez elle comme un paquet parce que sa famille ne payait pas. Et le troisième jour, j’entends qu’un papy de 82 ans a fait un hold-up au casino ! Là, je me dis qu’on vit dans une société étrange !". Au micro de Sud Radio, Pascal Grégoire assure n’avoir pas eu à chercher très loin dans l’actualité pour puiser l’inspiration de son livre Goldman sucks, un roman dans lequel il revient sur le déclenchement et les conséquences de l’immense crise financière qui a secoué le monde entier à partir de 2008.

"Les subprimes, c’est complètement fou ! On pensait que ça allait s’arrêter, mais non"

"Mon idée de roman a été de prendre ces trois familles et de les réunir au sein d’une seule. Au cœur de cette famille, il y a un couple dont le héros, Corentin, travaille à Bercy. Ça va plutôt bien pour lui, il a un chauffeur, sa vie est bien... Il est scandalisé par la prise d’otage des banques, car c’est réellement ce qu’il s’est passé en 2008. Les banques et le capitalisme financier font qu’aujourd’hui, les États n’ont plus le rôle qu’ils tenaient et sont même soumis aux banques. Il est très énervé par ça, alors qu’il est le fils de hauts fonctionnaires et a toujours eu la culture du sens de l’État. Sa vie explose, et il décide d’emmener toute sa famille aux États-Unis. On suit alors cette famille, qui va rejoindre le mouvement Occupy Wall Street et se servir des réseaux sociaux pour terrasser le dragon Goldman Sachs", raconte-t-il.

L’auteur tire par ailleurs la sonnette d’alarme vis-à-vis d’un système à la dérive. "Il y a un vrai dérèglement financier aujourd’hui, qui est pour moi aussi important que le dérèglement climatique. On va revivre des crises, il faut s’y préparer car rien n’a changé depuis 2008", prévient-il. "Ce qui a conduit la société dans le mur, c’est que le métier des banques a changé. On a d’abord privatisé la dette publique, et c’est terrible car les États ont perdu leur liberté. Et dans les années 1990, les banques se sont mises à inventer des produits complètement fous ! Les subprimes, c’est complètement fou ! On pensait que ça allait s’arrêter, mais aujourd’hui on sait que les subprimes sur les prêts étudiants américains ou sur les assurances auto vont à nouveau exploser ! Certains produits dérivés sont bien pires que des lasagnes à la viande de cheval, c’est vraiment un empoisonnement planétaire ! Surtout, le vrai problème est que ces crises-là touchent des gens ! Souvenez-vous des Grecs et des 10 millions de personnes qui ont perdu leur maison aux États-Unis. Il faut dénoncer ça", insiste-t-il.

"En 2008, Goldman Sachs est la seule banque qui s’enrichit"

Pour Pascal Grégoire, une prochaine crise de très grande ampleur ne devrait pas tant tarder à se déclencher. "Ça va être pire, la prochaine crise sera pire ! 2001, avertissement. 2008, on est quasiment sur la crise de 1929. La régulation qu’on a attendue n’a pas eu lieu. Obama a tenté des choses, ça n’a pas fonctionné. Il faut bien comprendre que la plupart des dirigeants de Goldman Sachs sont à la tête des pays aujourd’hui. Mario Draghi en Europe, Henry Paulson secrétaire d’État au Trésor américain, etc. En 2008, Lehmann Brothers tombe en faillite, mais Goldman Sachs est la seule banque qui s’enrichit ! C’est une toile d’araignée mondiale, ils sont très peu à décider de l’avenir du monde. Et ce sont eux qui notent les pays ! Les agences de notation dépendent d’eux ! Quand on perd notre AAA, ça ne vient pas de gouvernements ou de l’Onu, mais de banques privées... C’est scandaleux !", s’emporte-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Pascal Grégoire dans le Grand Matin Sud Radio

 

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