"Gilets jaunes" : des conséquences économiques dramatiques pour les commerçants

Gilets Jaunes
Comment distinguer casseurs et Gilets Jaunes AFP

Le mouvement des "gilets jaunes" entre dans sa 5e semaine et il n'est pas certain que les annonces faites hier soir par le chef de l'État mettent un terme à la mobilisation. Une chose est sûre : en cette fin d'année, le mouvement provoque déjà une forte baisse de l'activité économique en France. La Banque de France estime que la croissance sera divisée par deux au quatrième trimestre, alors que Bruno Le Maire envisage une perte de 0,1 point. Entre manifestations, violences et blocages, les clients ne se bousculent ni dans les centres-villes ni dans les centres commerciaux en cette période traditionnellement dédiée aux achats de Noël. Le mois de décembre est même d'ores et déjà perdu. Christine Bouillot, de Sud Radio, a rencontré à Toulouse, le patron du premier réseau de pharmacies et parapharmacies à bas coût, le groupe Lafayette.

"On a perdu 100.000 euros sur une journée, on a renvoyé 20 personnes chez elles"

Le vaisseau amiral du groupe Lafayette, c'est une immense parapharmacie en centre-ville de Toulouse. "On n'en peut plus, nos salariés ont peur, nous avons peur, les clients ne viennent plus dans nos magasins. On a perdu 100.000 euros sur une journée, on a renvoyé 20 personnes chez elles. On n'embauche pas de nouveaux saisonniers. Tous les commerçants sont arc-boutés sur des notions de gestion de budgets parce qu'on n'est pas sûr, aujourd'hui, de pouvoir assurer les budgets, le paiement des salaires, le remboursement de la marchandise qu'on a achetée pour les fêtes de fin d'année. C'est effectivement dramatique et très compliqué", explique Hervé Jouves, président du groupe de pharmacies et parapharmacies Lafayette.

"Je dirais aux 'gilets jaunes' : donnez-lui un an !"

Tous les indicateurs sont au rouge et les conséquences sociales seront lourdes ici comme ailleurs, alors il faut que les "gilets jaunes" fassent autrement. "Moi, je dirais aux 'gilets jaunes' : donnez-lui un an ! Vous avez passé un message fort ; dites-lui 'on se retrouve dans un an', et dans un an, on verra concrètement les mesures qui ont été mises en place pour le pouvoir d'achat. Parce qu'on comprend la difficulté, mais quand ça va à l'encontre des citoyens, c'est contre-productif".

Même s'il décide d'ouvrir les deux prochains dimanches de décembre, ce sera insuffisant pour compenser les pertes. 

 

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !


 

Sur le même sujet
Les rubriques Sudradio