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Comment le prix Goncourt va bouleverser la carrière et la vie de Philippe Jaenada

Par Elliott Léonard

Ce mardi 3 novembre, le prix Goncourt a été remporté par Philippe Jaenada pour son livre ''L’Inconnue du quai de Javel'' (Flammarion), dont le nom figurera désormais aux côtés de Romain Gary, Marguerite Duras, André Malraux ou encore Marcel Proust. Alors, pourquoi ce prix littéraire est-il si marquant dans la vie d’un auteur ?

Thomas SAMSON - AFP

Le nom du gagnant du prix Goncourt 2026 est enfin connu ! Ce mardi, c'est Philippe Jaenada qui l'a remporté pour son livre ''L’Inconnue du quai de Javel'' aux éditions Flammarion. Pour sa victoire, l'auteur bénéficie d’un chèque de... 10 euros ! Mais si le prix Goncourt n’est pas une récompense pécuniaire, il est bien plus marquant dans une carrière. En réalité, ces 10 euros sont anecdotiques au regard de ce que représente le célèbre « bandeau rouge » sur la couverture, qui le distingue tant.

« Un avant et un après au niveau professionnel »

En 2025, ''La Maison vide'' de Laurent Mauvignier, s’était écoulé à plus de 600 000 exemplaires. Un an plus tôt, ''Houris'' de Kamel Daoud, avait atteint environ la barre des 400 000 ventes. ''L’Anomalie'' d’Hervé Le Tellier, s’était, elle, écoulée à plus de 1,5 million d’exemplaires après sa victoire en 2020. Autant dire que ces chiffres sont absolument considérables. Le Tellier, membre du groupe littéraire de l’Oulipo, avait d'ailleurs déclaré sur Franceinfo : « Le Goncourt, c’est vraiment le Prix des prix, celui qui, sans doute, a le plus d’effet sur la carrière des auteurs et la vie des livres », et reconnu « un avant et un après au niveau professionnel ».

Pour un lauréat du Goncourt, une hypothèse raisonnable serait une rémunération moyenne comprise entre 1,50 € et 2,50 € par exemplaire vendu (droits d'auteur uniquement, hors avances, cessions étrangères, adaptation audiovisuelle, livre de poche, etc.). Si l'on retient donc une estimation médiane de 2 € de droits par exemplaire, Laurent Mauvignier aurait ainsi empoché 1,2 million d'euros, Kamel Daoud environ 800 000 euros et Hervé Le Tellier environ 3 millions d'euros.

D'abord un succès financier et commercial

Avec un Goncourt en poche, c’est donc d'abord l’annonce d’un succès commercial considérable qui attend le lauréat lorsqu’on le compare au tirage moyen d’un roman, qui s’établit à moins de 10 000 exemplaires en 2025 pour les nouveautés de littérature. Gagner ce prix, c’est donc faire exploser ses ventes et accessoirement, vivre de son art. C'est aussi la garantie de voir son roman traduit dans plusieurs langues. Le site de l’Académie Goncourt explique que « les tirages du roman sont immédiatement très importants et les traductions à l’étranger assurées ».

Jaenada aux côtés de Proust et Duras

Un prix comme celui-ci offre également une reconnaissance rare... qui n'a pas de prix, dans l’histoire de la littérature française. Depuis sa création en 1903, ce prestigieux Goncourt a récompensé des écrivains légendaires, parmi lesquels on retrouve Marcel Proust, André Malraux, Marguerite Duras, mais aussi Simone de Beauvoir. Romain Gary a lui aussi été récompensé. Il est le seul auteur à l’avoir remporté deux fois, sous son nom puis sous celui d’Émile Ajar.

Un changement de dimension

Pour Philippe Jaenada, cette récompense vient enfin couronner un parcours déjà bien rempli. Âgé de 62 ans, l’écrivain avait notamment remporté le prix Femina en 2017 pour La Serpe. Il avait également été sélectionné à quatre reprises pour le Goncourt avant de finalement décrocher la distinction cette année. Aujourd’hui, celui qui était installé dans le paysage littéraire français prend une toute nouvelle dimension.

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