La facture énergétique des Français pourrait encore s'alourdir avant la fin de l'année. Selon les prévisions publiées par Hello Watt à partir de la méthodologie utilisée par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), le prix repère de vente du gaz (PRVG) devrait progresser d'environ 5,8 % au 1er décembre 2026, après une première hausse de 6,6 % enregistrée le 1er novembre.
Cette nouvelle augmentation ferait passer le prix moyen du gaz à 206,12 euros par mégawattheure (MWh), contre 194,90 euros en novembre, soit un niveau jamais atteint jusqu'ici. Le symbole est fort : le prix du kWh de gaz destiné au chauffage grimperait à 0,1688 euro, franchissant pour la première fois le seuil du prix de l'électricité en heures creuses, actuellement autour de 15,89 centimes d'euro par kWh selon les estimations citées par Hello Watt.
Une hausse continue depuis le début de l'année
La tendance est spectaculaire. Entre janvier et décembre 2026, le prix du kWh de gaz pour le chauffage a augmenté de 66 %. Une progression qui témoigne de la forte tension sur les marchés européens du gaz naturel. La CRE rappelle que le prix repère est construit à partir de plusieurs composantes : les coûts d'approvisionnement sur les marchés de gros, les frais d'acheminement via les réseaux de transport et de distribution, les coûts commerciaux des fournisseurs ainsi que les taxes. Depuis la fin des tarifs réglementés du gaz en juillet 2023, ce prix repère sert de référence aux consommateurs pour comparer les offres du marché.
L'augmentation annoncée pour décembre serait principalement liée à la poursuite de la hausse des prix d'approvisionnement observée sur les marchés européens ces derniers mois.
Les usages chauffage les plus pénalisés
Tous les consommateurs ne seront pas touchés de la même manière. Pour les ménages utilisant le gaz uniquement pour la cuisson ou l'eau chaude, le prix du kWh passerait de 0,19027 euro à 0,20149 euro, soit une augmentation de 5,9 %. En revanche, les foyers se chauffant au gaz subiraient une hausse plus marquée. Le tarif du kWh grimperait de 0,15760 euro à 0,16882 euro, soit +7,1 %. Or ce sont précisément ces ménages qui consomment les plus gros volumes d'énergie à l'approche de l'hiver.
Jusqu'à 740 euros de plus sur un an !
L'impact budgétaire devient particulièrement significatif pour les familles vivant en maison individuelle. Selon les calculs d'Hello Watt, un foyer de quatre personnes chauffé au gaz consommant environ 13 000 kWh par an verrait sa facture annuelle atteindre 2 410 euros en décembre 2026. C'est 740 euros de plus qu'en janvier, lorsque cette même facture s'élevait à 1 670 euros.
Une hausse qui intervient dans un contexte où de nombreux ménages doivent déjà composer avec le renchérissement global du coût de l'énergie et des dépenses courantes.
Pourquoi le prix du gaz flambe-t-il ?
Le prix repère du gaz suit largement les évolutions des marchés de gros européens. La CRE souligne que la composante "approvisionnement" est indexée notamment sur des contrats à terme négociés sur les bourses énergétiques européennes. Lorsque les cours montent, la hausse se répercute progressivement sur les offres indexées au prix repère.
Les incertitudes géopolitiques, la concurrence mondiale pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et la forte demande hivernale contribuent à maintenir les prix à des niveaux élevés.
Quelles solutions pour amortir le choc ?
Face à cette envolée des prix, plusieurs leviers existent encore. Première piste : comparer les offres de marché. Le médiateur national de l'énergie recommande régulièrement d'examiner les contrats disponibles et de privilégier, lorsque cela est pertinent, les offres à prix fixe afin de se protéger contre les hausses futures. Deuxième solution : mieux suivre sa consommation. Hello Watt affirme que les utilisateurs actifs de son application réduisent en moyenne leur consommation de gaz de 10 % d'un hiver à l'autre, après correction des effets météorologiques.
Enfin, pour les ménages qui envisagent des travaux, le remplacement d'une chaudière gaz par une pompe à chaleur apparaît comme l'une des réponses les plus durables. Grâce aux aides publiques et aux dispositifs de financement disponibles, cette transition pourrait être amortie en quelques années tout en réduisant fortement la dépendance aux fluctuations du marché du gaz.