Nouveau président de la SPA, Jacques Gauchy appelle les futurs propriétaires à mesurer l'engagement que représente l'adoption d'un animal, alors que les refuges peinent déjà à absorber l'afflux de pensionnaires.
Les abandons d'animaux se multiplient, les refuges déjà sous pression avant le pic estival
Comme chaque année, les premiers jours de l'été s'accompagnent d'une recrudescence des abandons d'animaux de compagnie. Dans plusieurs refuges de la SPA, les équipes font face à une augmentation des arrivées de chiens et de chats, tandis que les capacités d'accueil atteignent rapidement leurs limites. La canicule, les départs en vacances et la baisse saisonnière des adoptions accentuent encore les difficultés rencontrées sur le terrain.
Dans le Cher, les responsables du refuge de Bourges évoquent une situation particulièrement tendue. Les animaux continuent d'affluer alors que les températures élevées compliquent leur prise en charge quotidienne. D'autres établissements de la SPA sont confrontés au même phénomène et doivent parfois mettre en place des listes d'attente ou réorganiser leurs espaces pour accueillir les nouveaux pensionnaires.
Pour Jacques Gauchy, le nouveau président de la Société protectrice des animaux (SPA), les raisons des abandons sont plus complexes qu'on ne l'imagine. "Nous avons fait en 2025 une étude sur les motifs d'abandon. Il y a ce qu'on appelle l'abandon direct. C'est-à-dire que ce sont des gens relativement responsables qui viennent nous voir et nous disent : 'voilà, je ne peux pas garder mon animal de compagnie'. Nous avons donc trouvé les statistiques : c'est essentiellement l'incapacité physique des propriétaires qui ressort (28%). Les ruptures de vie, on peut le comprendre, 24%. Les probmes de comportement de l'animal. Puis les problèmes financiers. Et les portées non désirées, c'est essentiellement pour les chats", détaille Jacques Gauchy à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.
La SPA sensibilise sur "l'adoption responsable"
Ces chiffres montrent que les abandons ne sont pas uniquement liés aux vacances d'été. Les problèmes de santé, les séparations, les difficultés économiques ou encore les comportements de certains animaux expliquent une part importante des remises aux refuges. À cela s'ajoutent les portées de chats non anticipées, qui continuent d'alimenter les arrivées dans les structures d'accueil.
Face à cette situation, la SPA insiste sur la nécessité de préparer son projet d'adoption sur le long terme. "Nous sensibilisons les gens sur ce qu'on appelle 'l'adoption responsable'. À savoir que quand on veut prendre un animal, il faut savoir à quoi s'en tenir ensuite. On prend un petit chiot - il va devenir très, très grand. On prend un petit chat, - si on ne règle pas le problème de la stérilisation, - vous savez qu'un chat et une chatte… si tous les chatons survivent, au bout de 4 ans il y a plus de 20.000 chats !", rappelle Jacques Gauchy au micro de Sud Radio.
L'abandon d'animaux est un délit en France
Le message s'inscrit dans les campagnes de sensibilisation organisées autour de la Journée mondiale contre l'abandon des animaux de compagnie. À cette occasion, une grande collecte nationale de nourriture et de matériel a également été organisée afin de soutenir les refuges, confrontés à des dépenses croissantes alors que les abandons augmentent.
En France, l'abandon d'un animal constitue pourtant un délit passible de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende. Malgré ce cadre légal, les associations craignent que les semaines précédant les grands départs en vacances marquent encore une nouvelle hausse des abandons. Elles rappellent qu'avant de se résoudre à cette décision, de nombreuses solutions existent, qu'il s'agisse de faire garder son animal, de solliciter des proches ou de demander conseil à des professionnels.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Valérie Expert.