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A-t-on perdu la vraie culture du débat ?

Où est passée la vrai culture du débat en France ? A-t-on perdu ce goût de la "disputatio" ? Pour en parler, Bertrand Périer, avocat, était l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio le lundi 12 décembre dans "Bercoff dans tous ses états" pour son livre "Débattre" aux éditions Flammarion, co-écrit avec Guillaume Prigent.

Bertrand Périer
Bertrand Périer, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Débattre, c’est la liberté. Qu’en est-il aujourd’hui ? Peut-on encore débattre ? Peut-on encore débattre de tout ? Le vrai débat, s’il n’est pas remplacé par la pensée unique, c’est avant tout la confrontation d’idées qui ne sont pas arrêtées…

Le débat, c’est accepter d’avoir tort

Débattre, "c’est la capacité à changer d’avis, à confronter ses idées avec un autre que l’on reconnait comme son égal, et la quête de la vérité. Au fond, débattre, c’est avant tout accepter d’avoir tort. Ce livre, c’est avant tout un manuel pour accepter d’avoir tort, accepter d’être en désaccord", explique Bertrand Périer, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, co-auteur avec Guillaume Prigent de Débattre aux éditions Flammarion.

L’avocat va néanmoins plus loin. "En réalité, vous avez deux types de débat. Vous avez le débat entre deux personnes qui vont confronter leurs idées. Et puis, vous avez le débat, comme le débat politique, où deux personnes débattent, mais à destination d’un tiers", ajoute-t-il. "Ce n’est pas un mauvais débat si le destinataire n’est pas parmi les débatteurs. Mais il faut le faire avec bonne foi. Et ça, aujourd’hui, on l’a perdu. Un débat, ça ne se gagne pas", précise Bertrand Périer.

La tolérance, ou l’échec de la "disputatio"

Outre la bonne foi, pour débattre, il faut deux éléments, explique Bertrand Périer. "Il faut du temps. On ne peut pas débattre en 240 caractères. Et il faut de l’expertise", lance-t-il, à destination de ce qu’il appelle les "toutologues", ces gens spécialistes de tout qui vous parlent un jour de l’Ukraine, le lendemain de l’inflation et après de la Coupe du Monde de football.

On ajouterait bien à cela le respect et l’écoute. "C’est essentiel de pouvoir s’écouter l’un l’autre. On vit dans la société du respect et de la tolérance. Avec Guillaume [son co-auteur NDLR], nous ne sommes pas très fans de ces mots, car on considère que c’est un peu un débat a minima. La tolérance, c’est l’échec du débat. Chacun reste dans son coin, se tolère, et vit dans des silos", conclut-il.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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