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L’opinion d’Elisabeth Lévy sur les Français bloqués au Moyen-Orient : "L’Etat n’est pas ta mère !"

OPINION SUD RADIO – Elisabeth Lévy a critiqué l’attitude de certains touristes et influenceurs français coincés au Moyen-Orient, qui sollicitent massivement l’aide de l’État pour être rapatriés.

L’opinion d’Elisabeth Lévy sur les Français bloqués au Moyen-Orient : "L’Etat n’est pas ta mère"
(Photo by ARMIN WEIGEL / dpa Picture-Alliance via AFP)

Soyez libre Elisabeth Lévy. Avec la guerre, des milliers de français sont bloqués au Moyen-Orient. 

« Oui, on ne risque pas de l’oublier avec toutes ces vidéos bouleversantes d'influenceurs en détresse. Mais également les chaînes infos, quand elles ne savent plus quoi dire sur la guerre qui continue et sur le régime qui tient bon, malheureusement, diffusent d’émouvants reportages sur ces sinistrés d'un nouveau type : le touriste coincé dans une zone de conflit, indigné d'être abandonné. 

Et quand ces touristes arrivent, les micros se tendent pour recueillir le récit de leur calvaire. Je vous livre un scoop : tous ont des familles, des boulots, des vies à reprendre, et tout ça le complique. Et que fait le gouvernement ? Voilà la question.

"Trop de cœur, ça empêche de penser"

Alors, il y a 300 à 400 mille français qui vivent dans la région, mais eux se débrouillent pour l'essentiel. Ce sont surtout, donc, outre les influenceurs, les vacanciers affolés, qui ont contacté le ministère des affaires étrangères. Il y a 36 000 inscrits sur le fil d'Ariane, et 7 000 appels à la cellule de crise.

Il y a eu quelques rares vols du rapatriement sanitaire, notamment, mais sinon, les agents sont là pour écouter, enregistrer, et conseiller des itinéraires pour rallier un aéroport ouvert. Ils n'ont pas de portable, tous ces touristes et ces influenceurs, qu'ils ont besoin de demander à Paris et au ministère de leur dire comment on va de Tel-Aviv au Caire ? Peut-être que j'appellerais moi aussi, pour qu'on vienne me chercher, mais voyez-vous, trop de cœur, ça empêche de penser.

"Je pense aux Gazaouis, aux Libanais, aux Israéliens"

Alors d'accord, il est désagréable, voire effrayant, d'attendre dans un hôtel ou un aéroport, de pouvoir rentrer chez soi. Mais tout de même, je pense aux Gazaouis, aux Libanais, aux Israéliens, des kiboutz et des frontières. La guerre, elle, n'a pas gâché leurs vacances, elle a détruit leur vie. 

Et on assiste, en quelque sorte, à une collision anthropologique. D'un côté, il y a le tourisme, qui ne voit, dans la planète sans frontières, que des sites à visiter, des peuples à des exotiques à découvrir, et, de plus en plus, des méga centres commerciaux à arpenter, parce que je crois que c'est l'une des attractions de Dubaï

"La guerre, c'est eux ou nous"

De l'autre, la réalité ancestrale de la guerre, et la guerre, c'est eux ou nous. Et les vacanciers, ben voilà, ils découvrent que l'histoire, ce n'est pas un manège d'où on descend à la fin du tour et quand on veut. Et que font-ils ? Ils se tournent, bien sûr, vers maman-gouvernement, comme vous faisiez à 16 ans, quand vous étiez bloqué à l'autre bout du monde. Et qu'il fallait vous envoyer des sous.

Eh bien, la grandeur de l'âge adulte, c'est qu'on est responsable de soi. Alors, vous me direz, il y a le contrat social. Oui, le contrat social dit que l'État doit nous protéger, pas vivre à notre place.

"Le gouvernement français ne peut pas arrêter la guerre"

L'État, ce n'est pas ta mère, et ce n'est pas non plus la tour opératoire. Tout le monde peut le comprendre, le gouvernement français ne peut pas arrêter la guerre pour évacuer ses ressortissants. Franchement, si nos ancêtres avaient été aussi démunis, dépendants, face aux aléas, eh bien, je ne suis pas sûr que l'espèce aurait survécu. Comme l'écrit l'immense Philippe Muray, l'Occident meurt en Bermuda. »

Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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