Quinze individus encagoulés se sont présentés devant un seul média invité : Corse Matin. Les militants du Front de Libération National de la Corse ont réagi à l'annonce du vote en faveur de l'autonomie de l'île. Lors de cette conférence, le mouvement a formulé plusieurs mises en garde face à ce projet.
Les mises en garde du FLNC
Lors de cette conférence de presse, le Front de Libération National de la Corse a mis en garde contre des représailles sur plusieurs points :
- Contre la loi autonomie : le mouvement a qualifié ce projet de « mascarade ». Les partis nationalistes qui ont soutenu ce texte sont également visés.
- Envers les personnes s'installant en Corse : l'organisation remet en cause jusqu'à la notion de « communauté de destin », un concept pourtant porté par une partie du mouvement nationaliste corse.
« En attendant que nos droits nationaux soient connus et respectés, nous n'avons qu'un message à leur adresser : Restez chez vous. Et, dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national. Le peuple corse est un peuple multiséculaire qui s'inscrit durablement dans la résistance face à tous les envahisseurs et, par conséquent, nous réitérons que jamais nous ne nous laisserons assimiler à une quelconque communauté, qu'elle soit de destin ou insulaire », prévient le Front de Libération National de la Corse, cité par Corse Matin.
Un État qui n'est pas nommé mais dans le viseur
Si l'État n'est pas cité directement, le mouvement s'en méfie ouvertement. Dans plusieurs documents du ministère de l'Intérieur, le nom du FLNC est régulièrement associé à la mention « banditisme ». Les têtes du mouvement estiment que les autorités pourraient chercher à « manipuler » l'opinion contre eux.
Les adversaires du FLNC sont également prévenus : « Lorsque la situation nous l'a imposé par le passé, nous avons toujours su répondre avec responsabilité et fermeté à toute atteinte à l'intégrité physique de nos militants », affirment les porte-parole encagoulés.
Le parquet antiterroriste ouvre une enquête
Une enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme » a été ouverte par le Parquet national antiterroriste (PNAT) à la suite de cette conférence de presse clandestine.
Les investigations portent également sur « l'acquisition, la détention et le transport d'armes, de munitions ou d'éléments d'armes de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », selon le PNAT.