Depuis plusieurs mois, les accusations d’agressions sexuelles ou de maltraitantes commises sur des enfants par des animateurs du périscolaire se multiplient à Paris mais aussi partout en France. Décryptage avec Arnaud Gallais, fondateur et président de Mouv enfants, au micro de Sud Radio.
"Là où il y a des enfants, il y a des prédateurs"
Le 29 janvier dernier, le magazine Cash Investigation diffusé sur France 2, révélait la multiplication d’accusations d’agressions sexuelles ou de maltraitances sur des mineurs, dans le cadre scolaire et périscolaire. Un scandale qui ne cesse d’enfler. Aujourd’hui, ce sont cinq millions de mineurs qui sont accueillis en France dans des structures périscolaires. Dont 93.000 à Paris. "Là où il y a des enfants, il y a des prédateurs. On a parfois l’impression de le découvrir, mais c’est une réalité : on est dans le déni de quelque chose qui n’existe pas en France, à savoir une obligation de résultat dès lors qu’on accueille des enfants dans un lieu. On sait que les violences existent. Qu’est-ce qu’on met en place en face, pour cela ?" explique Arnaud Gallais au micro de Sud Radio.
"Il faut arrêter avec cette politique de l’autruche"
"Les enfants sont des personnes vulnérables. Ils ont des droits. Et nous avons un devoir, c’est de les protéger. On a failli à cette mission. Je pense qu’il faut arrêter avec cette politique de l’autruche, et avec quelque chose qui est de l’ordre d’une grande mascarade" ajoute au micro de Sud Radio le fondateur et le président de Mouv enfants, un mouvement de lutte contre toutes les formes de violences faites aux mineurs. Avant de dénoncer la manière de recruter les animateurs du périscolaire, et la formation de ces personnes. Qui aujourd’hui n’empêchent pas de faire entrer les loups dans la bergerie.
"Il y a une faillite du système en matière de protection des enfants"
"Aujourd’hui en France, on n’a aucune volonté politique, pour ne pas dire très peu, de protéger les enfants. Il y a une faillite du système en matière de protection des enfants. Ce ne sont pas uniquement les adultes de demain, ce sont aussi les enfants d’aujourd’hui. On l’oublie bien souvent, et c’est insupportable" lance encore Arnaud Gallais, qui appelle aujourd’hui à une véritable refonte du système de la protection de l’enfance. "Chaque municipalité doit avoir une délégation à l’enfance. Pas quelque chose de fantôme, mais avec une application réelle des droits des enfants sur tout le territoire" réclame-t-il également.
"On est dans un déni collectif"
"On est sur un déni collectif. Ce qu’on peut espérer, c’est qu’avec toutes ces histoires, il y ait un réel sursaut et une prise de conscience collective. On devrait finalement être tous dans la rue par rapport à cela, finalement. Notre société met les enfants en situation de grave danger. Notre inaction, notre immobilisme, le manque de volonté politique en matière de protection des enfants, mettent les enfants en danger. Avec des conséquences pour eux tout au long de la vie" conclut Arnaud Gallais.
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