Rugby : pourquoi les clubs votent par référendum 


Tous les clubs de rugby de France sont appelés à voter pour ou contre la nomination du successeur de Bernard Laporte à la tête de la FFR.

rugby
Le président de la fédération française Bernard Laporte, à son arrivée au tribunal, le 13 décembre 2022 à Paris (Alain Jocard - AFP)

C’est un véritable psychodrame qui se joue dans le monde du rugby ces derniers temps. Et ce, alors que la Coupe du Monde se déroulera en France en septembre prochain.

Rugby : "Des dirigeants pas à la hauteur des valeurs"

En effet, les clubs de rugby sont appelés à voter pour ou contre la nomination de Patrick Buisson, successeur désigné de Bernard Laporte. Lui-même a été invité à se retirer de ses fonctions suite à sa condamnation à deux ans de prison avec sursis pour corruption, même s’il a fait appel de cette décision de justice.

Qu’en pensent les clubs ? Est-ce la crédibilité de la FFR qui se joue ? "Je dirais même du rugby au sens large, estime Olivier Mille, co-président au Rugby Club Jacou Montpellier Nord. La crédibilité et l’image de notre sport, à l’aube d’un événement mondial. On est quand même sur un sport qui brandit souvent comme étendard ses valeurs et son exemplarité. Là, ses dirigeants ne sont pas à la hauteur de ces valeurs."

 

Un référendum pour ou contre

Que va-t-il se passer après ce référendum des clubs ? "Jeudi soir, les résultats seront publiés. Le lendemain matin, il y aura un comité directeur. Si le vote contre l’emporte, un processus démocratique de vote peut s’organiser en six semaines, selon les statuts de la fédération." "J’ai déjà voté contre, nous avions 72 heures pour voter, explique Olivier Mille. C’est une question d’éthique et d’exemplarité. On parle d’une condamnation en première instance assez lourde, suite à une enquête de cinq ans. Ce sont des faits particulièrement graves. Je considère qu’on ne peut pas ne pas démissionner quand on a commis de tels agissements."

"On peut encore moins, impunément, désigner son successeur sans passer par une phase démocratique, par les urnes, pour avoir la légitimité d’une nouvelle équipe", juge le co-président au Rugby Club Jacou Montpellier Nord. "Si c’est la continuité des affaires, je pense que les clubs n’en veulent pas. Il faut donner un nouveau souffle. Bernard Laporte est quelqu’un de médiatique, de clivant, qui a fait du travail. Il y a eu de bonnes réformes de faites. Il a été condamné pour corruption, prise illégale d’intérêts, des choses gravissimes. Même le meilleur bilan du monde ne pourrait pas excuser ces agissements."

Retrouvez "Sud Radio vous explique" chaque jour à 7h40 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger.

Cliquez ici pour écouter “Sud Radio vous explique”

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !