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Qu'est ce que la caldium, ce métal cancérogène omniprésent dans notre alimentation ?

Par Thomas Rannou

TÉMOIGNAGE SUD RADIO - Pain, pâtes, chocolat… Derrière ces aliments du quotidien se cache une exposition inquiétante au cadmium. Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme face à un risque encore largement sous-estimé.

Plomb, aluminium, mercure : ces métaux lourds qui polluent notre alimentation
(LIONEL BONAVENTURE / AFP)

C'est une nouvelle alerte lancée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire : les Français sont trop exposés au cadmium, un métal cancérogène. Dans une étude publiée mercredi, l’Anses souligne que cette surexposition provient très majoritairement de l’alimentation, et ce dès le plus jeune âge.

Le risque d'atteintes rénales et de cancers

Naturellement présent dans les sols, le cadmium est aussi largement diffusé par certaines activités humaines, notamment l’utilisation d’engrais phosphatés en agriculture. Il se retrouve ainsi dans de nombreux aliments du quotidien. Une fois ingéré, ce métal s’accumule progressivement dans l’organisme, en particulier dans les reins et le foie, avec une élimination très lente. À long terme, il peut entraîner des atteintes rénales, une fragilisation des os et augmenter les risques de cancers.

En cause : des produits courants comme le pain, les pâtes, les céréales du petit-déjeuner, le chocolat ou encore les gâteaux, dans lesquels cet élément est fréquemment présent. Cette exposition diffuse mais répétée inquiète les experts, d’autant qu’elle touche l’ensemble de la population.

"L’alimentation est la principale source d’exposition"

Interrogé au micro de Louis de Kergorlay dans Le Petit Matin Sud Radio, Elsa Aboun, journaliste spécialisée dans la santé et l'alimentation à l'UFC que Choisir, a alerté sur la présence inévitable dans ce métal dans notre alimentation quotidienne :"Ce que montre ce rapport, c’est que l’alimentation est la principale source d’exposition au cadmium, y compris chez les fumeurs. Même si la cigarette en contient beaucoup, l’alimentation reste le facteur dominant, ce qui est une donnée nouvelle", indique-t-elle.

Le coût de l’inaction publique

Pour réduire les risques, la journaliste préconise plusieurs pistes : "Ça passe par la réduction de la consommation de certaines céréales comme le blé ou le riz, et de privilégier les légumineuses, comme les lentilles ou les pois chiches, qui sont moins contaminées et intéressantes sur le plan nutritionnel", indique-t-elle.

Cependant, Elsa Aboun dénonce le manque d'action publique face à ce phénomène : "Des solutions existent pour réduire le cadmium dans les engrais, et elles ne sont pas coûteuses. Pourtant, rien n’est fait : le coût de l’inaction en santé publique est aujourd’hui bien plus élevé que celui de ces mesures"

À défaut de prévention, cette exposition diffuse pourrait continuer à peser durablement sur la santé publique. Une meilleure information des consommateurs apparaît donc essentielle pour faire évoluer les habitudes alimentaires et réduire les risques au quotidien.

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