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Guerre au Moyen-Orient : après le détroit d'Ormuz, Bab el-Mandeb nouvel enjeu stratégique ?

Par Elliott Léonard

GROS PLAN SUD RADIO - Si les Etats-Unis envahissent l'île de Kharg située en amont du détroit d'Ormuz, l'Iran menace de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb : un passage hautement stratégique par lequel transite 75 % des exportations asiatiques vers l'Europe via le canal de Suez.

Détroit de Bab el-Mandeb (Photo by KARIM SAHIB / AFP)

Après le détroit d'Ormuz, la planète entière et l'Europe en particulier vont-ils avoir les yeux rivés sur le détroit de Bab el-Mandeb ? En cas d’invasion terrestre américaine sur l'île iranienne de Kharg, ce corridor maritime large de 27km et essentiel aux exportations asiatiques vers le Vieux-Continent,  pourrait être perturbé voire bloqué dans les jours à venir par les rebelles houthis yéménites, sous le commandement de Téhéran.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, relayée par l’AFP : « L'Iran possède à la fois la volonté et la capacité de générer une menace parfaitement crédible… » en s'attaquant à ce détroit.

Une menace imminente ?

La ligne à ne pas franchir, selon le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, c’est l’invasion américaine de l’île de Kharg. 90 % des exportations d’hydrocarbures iraniens partent de cette île : c’est donc un moyen de pression financier sur les mollahs

Avec l’envoi de 3 000 parachutistes de l’US Airborne, la situation semble tendre vers une potentielle invasion de l’île, et donc un blocus probable à venir du détroit de Bab el-Mandeb.

Un détour de 6500km en cas de blocus

Le détroit de Bab el-Mandeb est un passage hautement stratégique situé entre le Yémen, Djibouti et l’Érythrée. En 2023, il concentrait 75 % des exportations asiatiques vers les pays européens dont la France grâce au canal de Suez. Sans lui, les cargos doivent effectuer un détour de 6 500 km et contourner toute l'Afrique.

Surnommé « porte des lamentations » en raison d’une navigation difficile, il pourrait devenir extrêmement complexe à traverser si les houthis yéménites s’en mêlaient. À l’instar du Hamas en Palestine ou le Hezbollah au Liban, les houthis sont un « proxy » iranien. Si Téhéran décide de bloquer le couloir maritime, le groupe de rebelles s’exécutera, mettant en péril les importations européennes et entravant les circuits commerciaux. Avec pour autres conséquences, un prix du pétrole et du gaz qui pourrait flamber un peu plus...

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