Au micro de Périco Légasse, celui qui publie un livre intitulé Sur le chemin de ma Foi (Éditions Fayard) évoque son rapport à la foi chrétienne, son expérience en prison et son engagement actuel auprès des personnes en difficulté. Entre introspection et volonté d’aider, il défend une approche où la foi devient un levier pour se reconstruire et accompagner les autres.
Pierre Botton : "La seule personne à qui on a des comptes à rendre, c'est Dieu"
Périco Légasse : Dans une autre interview, vous avez dit que le juge Courroye vous avait remis dans les rails de la vie normale. Est-ce lui qui vous rouvre la voie du Seigneur ? Est-ce avec sa rencontre que vous commencez cette prise de conscience ?
Pierre Botton : Il a essayé, mais je ne l'ai pas saisi. Je le raconte dans le livre d'ailleurs, quand il me sort à une date très précise. Mais je ne l'ai pas saisi. Je mets cette phrase de Napoléon qui dit : "L'homme n'est jamais aussi grand que quand il s'agenouille devant Dieu". Et moi, je ne m'étais jamais agenouillé devant personne. J'ai eu 92 auditions devant le juge d'instruction, parce qu'il me demandait de révéler des choses. Et j'ai été élevé comme ça, je ne balance pas. Donc, à chaque fois il me faisait venir pour cinq minutes : "Bon, alors, vous avez des choses à me dire ?". "Non". "Très bien, remettez-lui les menottes, et qu'il reparte en prison." Et ça a duré 92 fois. Donc j'ai pas pu saisir si vous voulez parce qu'on était en opposition là-dessus. Maintenant, il m'a tendu une main chrétienne, qui m'a parlé. Mais cette main chrétienne était en opposition avec l'affaire judiciaire et le comportement que je devais avoir vis-à-vis de la justice.
Périco Légasse : La question de l'existence de Dieu est-elle si primordiale, si incontournable pour appliquer les valeurs de l'Évangile, faire le bien autour de soi et d'aimer son prochain comme soi-même ?
Pierre Botton : Moi, je n'ai pas de doutes, pour moi c'est une certitude. Dieu existe, c'est une certitude. La vie éternelle existe. Après il faut essayer de faire le mieux tant qu'on est sur terre. Je le répète : on reste pêcheurs, la confession existe, il faut essayer de s'améliorer. Et notre seul juge, la seule personne à qui on a des comptes à rendre, c'est Dieu.
"Ce qui m'intéresse, c'est si je peux aider"
Périco Légasse : Est-ce que la charité, la compassion, la miséricorde fait qu'à un moment donné, on peut tourner la page dans la foi chrétienne ?
Pierre Botton : Je ne gère pas ma foi comme ça. Ma foi, cette certitude que j'ai, elle date de trois ans, c'est très peu. Très honnêtement, le passé, ça ne m'intéresse pas tellement. Ce qui m'intéresse, c'est si je peux aider. Si je peux aider des jeunes, si je peux aider des gens incarcérés qui sont dans une délinquance qui est répétée. Et dans laquelle, je pense, la foi peut aider.
Périco Légasse : Dans une époque où le matérialisme est en train de faire des ravages et où la barbarie est en train de perturber l'humanité, peut-être que ce retour aux valeurs chrétiennes est un bon signe pour l'humanité ?
Pierre Botton : Il ne faut pas opposer le matérialisme et la croyance. Je pense qu'on peut tous vivre correctement à partir du moment où on a une colonne vertébrale et à partir du moment où on partage. Moi, aujourd'hui, j'ai une expérience - je la partage. Il y a des gens qui ont de l'argent, qui le partagent. Je crois que c'est ça qui est important. Je ne pense pas que Dieu nous veuille comme des gens qui sont toujours tristes et tout ça. Je crois que Dieu nous veut joyeux.
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