single.php

Oli : « Avec Bigflo, on comprend la force de nos différences »

INTERVIEW EXCLU SUD RADIO - A l'occasion de la sortie de leur huitième album intitulé ''Karma'', Bigflo & Oli vont enchaîner avec une tournée XXL et généreuse dont ils ont le secret. Inspiration, parents, fans, notoriété, maturité : exceptionnellement sans son frère, Olivio, le cadet des frères Ordonez, a accordé un entretien exclusif et authentique à Sud Radio.

Comment définiriez-vous ce nouvel album intitulé "Karma" ?

C'est un album qui nous a fait du bien. On avait ce besoin là de se reconnecter à une manière de faire de la musique plus instinctive, plus authentique. Peut-être un retour aux sources. La liberté, ça me va bien dans ce qu'il raconte et dans la manière dont on a fait les choses, un peu moins formaté. Cet album est assez surprenant pour ceux qui nous connaissent depuis le début, il change un peu.

Vous avez attendus quatre ans avant de sortir ce nouvel album depuis ''Les autres, c'est nous'' : ce silence médiatique vous a-t-il fait du bien ?

Nous, le silence, on ne le connaît pas trop parce qu'on est souvent en promo pour parler d'un l'album et après, on part en tournée. On n'a donc pas cette sensation de moments de vide ou de hors-lieu.

"On puise dans la vraie vie et dans notre quotidien"

Justement, ce qui vous anime par dessus tout, c'est ce contact quasiment permanent avec le public, à travers les concerts, les tournées, les déplacements ?
C'est ça. On a toujours eu ce lien privilégié et encore plus maintenant avec les réseaux sociaux, d'avoir le public toujours près de nous. On a cette chance de faire partie de ces artistes qui remplissent des Zénith depuis dix ans et qui font des tournées un peu à rallonge infini. Le dernier album est sorti en 2022, on a fait une tournée des Zénith en 2023 et 2024, puis une tournée des stades et une tournée internationale en 2025. Ce silence médiatique existe peut-être un peu mais jamais trop loin du public.

Au fil du temps, avec l'argent et la notoriété, certains artistes cèdent à la facilité et l'inspiration n'est plus forcément au rendez-vous : quel est votre rapport entre le succès et l'inspiration ?

Souvent, on parle de la vraie vie et on puise dans la vraie vie et dans notre quotidien. Mais quand notre quotidien change et quand on s'éloigne un peu de ce qui nourrissait la plume, il peut y avoir un questionnement assez profond. Il faut prendre soin de sa sensibilité et je crois que c'est en écoutant aussi les histoires des autres, en prenant du recul entre deux tournées et en revivant des choses qui sont propres à nous, qu'on va puiser quelque chose. En tout cas, c'est assez transparent dans la réflexion.

"Nous, c'est toujours l'instinct. Quand on était dans le calcul, ce sont souvent des morceaux que le public n'a pas forcément apprivoisés"

Vous souvenez-vous d'un moment clé de votre carrière au cours duquel vous avez eu peur d'être en panne sèche d'inspiration ?

Oui, le moment le plus symbolique, c'était après notre premier album. On était deux petits de Toulouse de 17-18 ans, on connaissait notre premier succès, nos premières énigmes, notre premier disque d'or. La bascule entre le premier et le deuxième album, il y a toujours un vide. C'est un vrai défi de pas tomber dans la facilité parce qu'on a compris certaines recettes que le public a appréciées chez nous : à la fois évoluer, changer sans perdre les gens. C'est un jeu d'équilibre un peu particulier mais je crois que la recette, c'est toujours l'instinct. Quand on était dans le calcul, ce sont souvent des morceaux que le public n'a pas forcément apprivoisés.

Dans votre dernier album Karma, on retrouve les parents, les amis, les angoisses, cette volonté de réussir, la force de travail aussi. Comme si vous aviez la ferme intention de garder les pieds sur terre ?

Peu de gens le savent mais notre père est musicien. Il a eu des périodes plus ou moins difficiles. Parfois il galérait à boucler son intermittence, il restait à la maison sans contrat. On a donc un rapport à tout ça un peu différent. On a un regard peut-être un peu plus réel. Dans ce qu'on raconte et dans la manière qu'on le vit, on essaie de se respecter, respecter les gens qui ont confiance en nous, d'entretenir notre héritage familial. On se rend compte de la chance que c'est de pouvoir chanter des notes, écrire des mots et en vivre.

"On assume à 100% d'écrire pour les gens, de vouloir faire passer des messages : on est conscient du poids de la plume"

Vos parents n'ont jamais été autant évoqués et présents dans cet album ?

On a une famille, on a une bande, une sorte de meute où on s'est construit à quatre comme ça dans notre petite maison à Toulouse. Donc, ça s'écrit beaucoup, ça se voit beaucoup. Nos parents seront présents chaque soir de concert à Toulouse. On va rigoler avec eux. Je crois que c'est dans la France entière, mais notamment dans le sud : on a ces valeurs-là et ce rapport particulier. Et puis, on a un rapport assez libéré, assez marrant avec notre famille. Ca passe beaucoup par des blagues. Notre mère est atteinte d'un cancer, elle est en plein soins et en rémission mais on rigole beaucoup avec elle, on blague sur ça.

Plus que jamais, avez-vous eu l'ambition dans cet album de transmettre des messages ?

Oui à 100% ! Nous, on assume à 100% vraiment d'écrire pour les gens, de vouloir faire passer des messages. D'ailleurs souvent, on nous a reproché parfois des textes un peu trop lisses, mais c'était aussi lié à notre âge. On connaît la puissance et la symbolique que peuvent avoir les textes de rap et de musique. Avec des inspirations comme Nougaro, comme Cabrel qui - je pèse mes mots – nous ont quasiment éduqués. On est donc conscients du poids de la plume.

"On a toujours visé le top, visé l'impossible"

Ces dernières années, vous avez parlé d'une forme de thérapie entre frères. Avec cet album, vous comprenez-vous encore mieux l'un de l'autre ?

Je crois qu'on comprend la force de notre différence. Pendant longtemps, on a essayé de la gommer. Tu sais, quand t'es petit, tu t'habilles comme ton frère, tu veux te faire comme ton frère, et puis en fait, en grandissant... On a compris cette force finalement d'être différents, même de parfois ne pas être d'accord, et de puiser dans la vie de l'autre une vérité nouvelle, une fraîcheur. Et puis aussi beaucoup de communication, comprendre que parfois juste s'exprimer, mettre en forme quelque chose que t'as dans la tête, mettre des mots, en fait, ça peut enlever beaucoup de non-dits, de nœuds qu'on peut avoir dans la relation de frères.

Vous visez forcément toujours l'excellence mais est-ce facile de se dire que vous ne pourrez jamais faire l'unanimité et faire partie du Top 3 de tout le monde, tout le temps ?

Je pense que c'est bien de se fixer des objectifs impossibles. Pas de regrets. On a toujours visé le top, visé l'impossible. Ça a été pas facile parfois, mais on est très fiers du parcours. Donc non, allez, au moins viser le Top 10 dans la tête des gens ! On va rien lâcher, on va continuer à travailler.

Retrouvez l'entretien complet ici.

L'info en continu
11H
10H
09H
08H
07H
04H
23H
22H
Revenir
au direct

À Suivre
/