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Municipales : pourquoi certains Français ne vont plus voter

TEMOIGNAGES SUD RADIO - Seulement 57,82% des Français sont allés voter dimanche à l'occasion du second tour des Municipales. Un taux de participation en chute libre depuis les années 1980. Pourquoi ce désintérêt grandissant ? Des citoyens expliquent pourquoi ils boudent les urnes.

Une fois encore, les chiffres implacables sont tombés dimanche. Avec un taux de participation en chute libre depuis les années 1980, seuls 57,82% des votants concernés sont allés remplir leur devoir de citoyen à l'occasion du second tour des élections municipales. Même à visée locale, cette élection séduit de moins en moins. Mais ce désintérêt va bien au-delà de la politique, comme l'expliquent ces différents auditeurs au micro de Sud Radio.

Pour Aurélien, le problème est clair : la confiance est rompue. “Les politiques sont d'abord là pour leur intérêt personnel, pour leur carrière et un peu moins pour l'intérêt des Français. Et en particulier, là, c'était les élections municipales, pour l'intérêt des habitants d'une ville”, explique-t-il.

“On a l’impression qu’on nous vole le vote”

Ce qui le fait le plus décrocher, ce sont les entre-deux tours, souvent incompréhensibles pour les électeurs entre fusions, alliances, accords techniques et autres petits arrangements entre amis. “Mais les consignes passées entre les deux tours m’agacent. Au premier tour, ils sont tous les uns contre les autres. Et au second tour, bizarrement, on se rallie”, poursuit Aurélien. Un sentiment de flou qui alimente la défiance : “Ça ne m'étonne pas que les gens n’aillent pas voter, parce qu'on a l'impression qu'on nous vole notre vote”.

Les abstentionnistes invisibles : "il y a un déni de justice"

Alain, lui, pointe un autre problème : l’absence de parole des principaux concernés : “ce que je ne supporte plus, c'est que les seules personnes qui parlent d'abstention, ce sont des élus, donc des gens qui ont besoin des voix. Il n'y a jamais de personnes qui ne votent pas, qui parlent d'abstention”, déplore-t-il.

Pour lui, le décalage devient problématique à l’échelle démocratique : “Il serait peut-être temps, au stade où on en est rendu, aujourd'hui, comme vous l'avez dit, on a un taux d'abstention invraisemblable sur une élection qui était très importante, surtout localement”. Il conclut : “Personne ne parle de l'abstention en tant qu'abstentionniste. Il y a un déni de justice, quelque part, parce qu'on parle de démocratie.”

“Je n'ai trouvé aucun intérêt à cette élection”

Chez Geoffroy, c’est une forme d’usure qui domine : “On ne peut pas en vouloir non plus aux diverses générations. La situation en France bat de l'aile depuis des années avec tellement de colère, tellement de haine, tellement d'incompréhension qu'à un moment donné…”, analyse-t-il

Difficile, dans ce contexte, de se projeter dans l’acte de vote : “comment est-ce que vous voulez justement demander à des jeunes ou même des personnes de mon âge de 30-35 ans d'aller décider de la position d’une élection d’une personne dont on ne va même pas voir le changement.

“Les abstentionnistes, ce ne sont pas des abrutis, ce sont des gens qui ne trouvent pas chaussure à leur pied”

Ce constat Marc, 66 ans le partage, lui qui est pourtant un électeur fidèle : “Moi j'ai 66 ans, j'ai toujours voté, je n'avais jamais raté une élection, mais alors franchement celle-ci, j'ai trouvé aucun intérêt”. Pour lui, l’abstention n’est pas un désengagement, mais un signal : “Les abstentionnistes, ce ne sont pas des abrutis, ce sont des gens qui ne trouvent pas chaussure à leur pied”.

"L'abstention est une forme de vote"

Malgré tout, aucun ne rejette totalement le principe du vote. “Maintenant si une personne veut aller voter ou ne veut pas aller voter, c'est son libre choix et je le respecte. Ne pas aller voter est aussi un choix, l’abstention est une forme de vote”, affirme Geoffroy tout en nuançant : “Mais si les gens veulent changer les choses, à un moment donné il faut voter. Quelqu'un qui n'a pas voté et qui se plaint, là, c'est totalement décalé.

Marc, lui, va encore plus loin en voyant dans l’abstention une possible alerte pour le système politique : “C'est peut-être l’abstention qui va faire évoluer le mode de scrutin en France. Les gars doivent peut-être s'acheter d'abord une conduite, un peu de civilité, ça ferait pas de mal à tout le monde d'ailleurs”.

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