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Masculinisme : des associations féministes font état de menaces ciblées

Des associations féministes ont fait état jeudi, au Sénat, de menaces ciblées et de tentatives d'intimidation contre leurs mouvements dans un contexte de montée des masculinismes.

ANDREAS SOLARO - AFP/Archives

Des associations féministes ont fait état jeudi, au Sénat, de menaces ciblées et de tentatives d'intimidation contre leurs mouvements dans un contexte de montée des masculinismes.

"On a des attaques violentes, avec de l'intimidation auprès de militantes" et "des vagues de harcèlement", a déclaré la présidente du Planning familial Sarah Durocher lors d'une table ronde organisée par la délégation aux droits des femmes qui mène actuellement des travaux sur les mouvements masculinistes.

"Au mois d'octobre, nous avons eu ce message : +Demain à 10h30 à l'heure de pointe, je vais commettre un attentat suicide au Planning familial d'Asnières-sur-Seine. Je les soupçonne d'avoir avorté mon âme sœur en 2004+", a-t-elle rapporté, précisant qu'une plainte contre cette personne "se revendiquant du mouvement Incel", composante masculiniste connue pour sa haine des femmes, avait été déposée.

A ses côtés, la porte-parole de la Fédération nationale Solidarité Femmes (FSF) Camille Lextray a évoqué des "tentatives de saturation" du 3919, sa ligne d'écoute destinée aux femmes victimes de violence notamment conjugales.

"On a repéré des appels coordonnés à certains moments, on a aussi des appels de plus en plus virulents, des attaques envers les exécutantes qui s'ajoutent à un contexte de travail déjà difficile où les écoutantes sont toute la journée exposées à des récits de violence extrême", a-t-elle souligné. "On a enfin aussi l'affichage de nos visages sur les réseaux sociaux qui incitent à nous interpeller, à venir nous alpaguer."

En cause, selon elle, des actions menées par des collectifs qui réclament l'ouverture du 3919 aux hommes, au nom d'une "discrimination anti-hommes" alors qu'il existe d'autres "dispositifs existants et adaptés".

"C'est une manière de remettre les hommes au centre de tout et de refuser aux femmes une prise en charge adaptée et dédiée pour se reconstruire après les violences", a-t-elle dénoncé. "Cette démarche a clairement pour intention de mener une charge réactionnaire pour faire croire qu'il y aurait une symétrie dans les violences, cela participe d'un projet de négation des inégalités de genre."

Cette "stratégie fallacieuse (...) nous préoccupe beaucoup", a abondé Faustine Garcia, chargée de plaidoyer à la Fondation des femmes, jugeant "très dangereux de les mettre sur le même plan".

Selon les dernières données du ministère de l'Intérieur, 84% des victimes des violences conjugales en France sont des femmes et 85% des mis en cause sont des hommes. Sur les 138 morts violentes au sein du couple enregistrées par les forces de l'ordre en 2024, 107 étaient des femmes.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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