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Marc Sanchez (TPE) :"Le prêt flash carburant garanti par l'Etat est une logique mortifère"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO — Le gouvernement a annoncé un “prêt flash carburant”, une aide loin de convaincre les TPE. Marc Sanchez, secrétaire général du syndicat des indépendants et des TPE, était l’invité de Benjamin Glaise dans le Grand Matin

Le gouvernement a annoncé un “prêt flash carburant
Le gouvernement a annoncé un “prêt flash carburant”, une aide loin de convaincre les TPE alors que les prix des carburants augmentent

Le prix des carburants ne baisse pas. Bercy a annoncé un "prêt flash carburant" pour soutenir rapidement la trésorerie des petites entreprises. Elles demandent une aide urgente. Le gouvernement a adopté la stratégie des petits pas, des aides, mais ciblées, annoncées au compte-goutte. Marc Sanchez, secrétaire général du syndicat des indépendants et des TPE était l'invité de Benjamin Glaise dans le Grand Matin.

Marc Sanchez :"Malheureusement, ce que nous constatons, c’est que le "prêt flash carburant" ne correspond pas du tout aux attentes des entrepreneurs. Certaines filières sont concernées dans un premier temps, tandis que d’autres ne le sont pas encore. Je pense notamment à toutes les entreprises de proximité, dans la restauration, le commerce comme les pressings, les boulangers, qui ne sont pas touchées par ce dispositif"

"Beaucoup d’entrepreneurs estiment aujourd’hui qu’il est pour le moins paradoxal, voire même un peu provocant, de s’endetter pour faire face à cette crise, notamment pour payer l’énergie, et surtout les taxes qui y sont inhérentes. À ce stade, l’accueil est loin d’être favorable, et beaucoup considèrent que la réponse est totalement inappropriée. Autrement dit, ils sont choqués. Si vous regardez aujourd’hui le niveau de taxes et de prélèvements appliqués sur un litre de carburant, contracter un prêt sur lequel vous allez payer des intérêts pour pouvoir régler ces taxes les choque, très clairement"

"Ce n'est pas du tout la bonne démarche"

"Alors, malheureusement, c’est peut-être une forme de réflexe pavlovien, dans notre pays, de répondre globalement aux problématiques par la dette. C’en est peut-être encore un exemple aujourd’hui en ce qui nous concerne, mais ce n’est pas du tout la bonne démarche. Sur cette question, si vous regardez précisément, vous avez, par exemple, parmi les taxes et prélèvements appliqués sur le litre de carburant, les certificats d’économies d’énergie. Il s’agit d’un prélèvement qui représente environ entre 10 et 15 centimes par litre et qui sert à financer la transition écologique"

"Les dettes qui seront générées à travers ce prêt, c'est les défaillances de demain"

"Aujourd’hui, financer la transition écologique dans l’immédiat représente, pour de nombreux chefs d’entreprise, une forme d’aberration. L’idée que nous défendons est de pouvoir suspendre ce dispositif, ce qui permettrait de réaliser une économie de 10 à 15 centimes nets sur le prix à la pompe. Ce serait bien plus favorable que de recourir à un prêt sur lequel vous devrez payer des intérêts pour financer le fonctionnement même de votre entreprise. D’autres solutions pourraient bien sûr être envisagées, mais celle-ci aurait le mérite de répondre beaucoup plus rapidement à l’impact de cette crise et d’apporter une aide concrète aux problématiques de trésorerie des TPE. Ce n’est en tout cas pas la voie que semble suivre Sébastien Lecornu, qui se refuse à tout nouveau bouclier tarifaire"

"Les dettes qui seront générées à travers ce prêt, c'est quelque part les défaillances de demain. Les défaillances de demain, ça veut dire encore des entreprises de proximité au tapis. Ça fait penser d'ailleurs un petit peu sur le principe aux prêts garantis par l'État pendant le Covid. On est complètement dans la même thématique"

"On a déjà une situation globale qui est quand même compliquée"

"Là, je dirais qu'on est quand même dans un système qui est beaucoup plus pervers, dans le sens où vous vous endettez avec des taux d'intérêt pour pouvoir payer des dépenses de fonctionnement et notamment des taxes sur vos dépenses de fonctionnement. C'est là où on est encore peut-être un petit peu plus loin dans une logique mortifère qu'on ne l'était avec le PGE. Mais ça relève du même principe et de la même solution"

"Aujourd'hui, on a déjà une situation globale qui est quand même compliquée. Je ne vais pas vous rappeler le nombre de défaillances que nous avons connues en 2025. Les chiffres aujourd'hui sur l'état économique de nos TPE sont pas beaucoup plus favorables qu'ils ne l'étaient l'année dernière. Peut-être même, par certains moments, qu'ils ont plutôt tendance à empirer."

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