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Maquilleuse de Donald Trump : « Il me fascine par sa personnalité controversée, hors normes »

Par Elliott Léonard

ENTRETIEN SUD RADIO — À l’occasion de la sortie de son livre La Confidente, Audrey Lefèvre, maquilleuse de Donald Trump et d’autres personnalités politiques, est venue se confier chez Sud Radio. Elle dévoile une face plutôt méconnue du président américain.

(Photo by WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Ce matin, Audrey Lefèvre, maquilleuse d'Hillary Clinton, Joe Biden et même Donald Trump, s’est confiée au micro de Sud Radio. Entre moments intimes et conversations extraordinaires, cette Normande a réussi, sans parler un mot d’anglais en s’expatriant, à devenir plus proche que personne de ceux qui gouvernent la planète.

Aux États-Unis, « il faut montrer qu’on est là, il faut montrer qu’on est légitime »

Pourquoi avez-vous eu l’idée d’écrire ce livre ?

L’idée de ce livre m’est venue avec le retour des gens quand j’ai commencé à avoir cette visibilité en France, où les gens disaient : « Comment une Française de Normandie peut atteindre ces gens-là, peut atteindre la Maison Blanche ? » Donc je l’explique : il y a un vrai parcours, il y a un vrai cheminement, puis il y a aussi une connaissance ; j’ai dû apprendre ces codes américains qui sont essentiels. On n’impose pas sa culture aux États-Unis. Donc j’ai appris une espèce de rigueur, une espèce de discipline incommensurable, qu’on ne peut même pas imaginer. (…) Quand on est face à un président qui nous pose une question, il attend un oui ou potentiellement un non, mais le non, il faut le transformer en oui.

Vous êtes partie aux États-Unis sans parler un mot d’anglais, qu’est-ce qui vous y a poussée ?

Ce que j’ai vite compris, c’est que pour les Américains, il faut faire preuve d’audace. Il faut montrer qu’on est là, il faut montrer qu’on est légitime. Et ça, j’insiste là-dessus, parce qu’en France, on attend d’être légitime pour faire. Aux États-Unis, on est légitime et on apprend au fur et à mesure. Donc le « mindset » est complètement différent. Moi, j’étais quelqu’un de très timide, de très introverti. Bon, à un moment donné, il faut y aller. Il faut se faire violence.

«  J’ai été choisie pour mon travail, pour mes connaissances »

Pourquoi vous avoir choisie, vous, Audrey Lefèvre ?

Je n’ai pas été choisie parce que je suis française, parce que je suis blanche. J’ai été choisie pour mon travail, pour mes connaissances. J’ai passé énormément de tests de maquillage, mais aussi des tests de comportement. C’est-à-dire : ma façon d’accueillir le client, (…) comment je le rassure aussi, parce que vous comprenez, ces gens ont beaucoup de chaos autour d’eux en permanence. Une fois sur ma chaise, c’est moi la patronne, c’est moi qui décide et c’est moi qui les englobe d’une certaine sérénité, d’un certain calme, pour qu’ils puissent eux aussi se recentrer sur ce qu’ils ont à faire derrière, ce qu’ils ont à produire.

« C’est un autobronzant pour éviter de montrer quelconques imperfections de peau »

Première question sur Donald Trump : comment expliquez-vous son teint orangé ?

Je pense que c’est une partie de son identité, c’est ce qu’il est. Aujourd’hui, il est identifiable, on le voit comme ça. Et je pense qu’on a envie aussi de l’imaginer comme ça. C’est-à-dire que si, à un moment donné, il enlevait ce teint orange, on se dirait : « Mais qu’est-ce qui se passe ? »

Ce teint orange n’est absolument pas dû à une maquilleuse, personne n’est responsable de ça. On ne vient pas tous les matins lui peinturer le visage en orange. C’est plus un autobronzant pour éviter de montrer quelconques imperfections de peau. Rien de grave.

« Aujourd’hui, il est beaucoup plus affirmé qu’il ne l’était dans son premier mandat »

Vous l’avez côtoyé sur une longue période, a-t-il changé ?

Oui, je pense qu’on peut voir qu’entre son premier mandat et le deuxième, il y a quand même une grosse différence. Aujourd’hui, il est beaucoup plus affirmé qu’il ne l’était dans son premier mandat. Ce n’est pas un politicien, il ne vient pas du milieu de la politique. Comme je l’ai dit pour moi, aux États-Unis, on n’attend pas d’être légitime pour faire. Et il en est l’exemple. Il en est la preuve. « Je ne suis pas politicien, mais je vais quand même y aller et je vais quand même faire. »

Vous décrivez Donald Trump comme quelqu’un de serein, calme dans l’intimité, expliquez-nous.

Oui, je choque un peu les gens en disant ça, parce qu’on n’imagine pas ce président américain comme étant quelqu’un de calme. Mais moi, je l’ai trouvé très posé. Alors il est très sûr de lui, très déterminé, ça, c’est évident. Avec un ego quand même assez présent. Mais il y a ces moments attendrissants qui m’ont touchée, avec ses petits-enfants. Il est très proche d’eux. Et puis, il a confiance en sa famille. C’est très important pour lui. C’est un clan.

«  Je n'ai jamais eu aucun problème de misogynie ou quoi que ce soit »

Quel est votre rapport à Donald Trump, parfois traité de machiste ou misogyne ?

Moi, j'ai toujours été très respectée, je n'ai jamais eu aucun problème de misogynie ou quoi que ce soit. (…) Écoutez, j’ai beaucoup aimé cet homme. Je ne suis pas en admiration, mais il me fascine par sa personnalité controversée, hors normes. C’est quelqu’un qui n’en a absolument rien à faire de ce qu’on dit sur lui, de son visage orange, tout ça, ça lui passe complètement au-dessus. Il est déterminé à faire de l’Amérique une Amérique forte, la plus grande du monde. Et c’est son seul et unique objectif.

Les autres personnalités politiques 

Vous avez passé beaucoup de temps aux côtés d’Ivanka Trump, pouvez-vous nous expliquer sa routine millimétrée ?

Ça rejoint le contrôle de cette famille, cette précision. Tout est millimétré et à 6 heures pétantes, il faut commencer. Ce n’est pas 6 h 05.

Ça comprend tout un cheminement en amont. Elle se connaît extrêmement bien. Elle sait ce qui est bien pour elle, ce qui est le mieux. Donc, elle m’en fait part. Elle est aussi dans le contrôle de son image. Donc, moi, j’ai essayé de m’égarer de temps en temps. Elle a apprécié, mais elle est vite revenue à ce qui la sécurisait. Et je crois que, pour ces gens-là, c’est le mot d’ordre : qu’est-ce qui les sécurise au quotidien ? C’est ce qu’ils recherchent.

Vous avez également côtoyé d’autres personnalités politiques comme Hillary Clinton, qu’en avez-vous pensé ?

Elle n’est pas super avenante. Elle est peut-être aussi dans le contrôle, mais j’ai senti chez elle qu’il y avait une espèce de protection. C’est-à-dire qu’on ne veut rien montrer, de peur de mettre en avant cette faille ou cette vulnérabilité qu’on a tous à un moment donné. Chez elle, il ne faut absolument rien montrer. Donc, on ne laisse rien transparaître. Ça donne effectivement un côté très froid, très glacial.

L'entretien en intégralité :

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