Avec 104 rencontres programmées jusqu’au 19 juillet dans 16 villes hôtes, cette édition se présente comme la plus vaste jamais organisée par la FIFA. Un changement d’échelle qui suscite autant d’enthousiasme que de débats.
Coupe du monde 2026 : "Le mot qui convient, c'est 'trop'"
Le coup d’envoi de la 23e Coupe du monde de football est donné au Stade Azteca de Mexico, où le Mexique affronte l’Afrique du Sud. Durant près de six semaines, les regards de la planète football seront tournés vers l’Amérique du Nord, qui accueille pour la première fois une Coupe du monde organisée conjointement par trois pays. Cette édition marque également une rupture historique avec l’élargissement du tournoi à 48 équipes, contre 32 lors des précédentes éditions. Au total, 104 matchs seront disputés dans 16 villes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.
Cette nouvelle dimension du tournoi ne fait toutefois pas l’unanimité. Au micro de Sud Radio, le journaliste sportif Gérard Holtz s’interroge sur les conséquences de cette expansion : "Le mot qui convient, c'est 'trop'. Il y a trop de trop d'équipes : il y en a 48, alors que d'habitude, c'est 32. Cela veut dire beaucoup plus de matchs que d'habitude. Il y a 104 matchs au total. C'est trop en organisation. Pourquoi avoir choisi trois pays (le Mexique, le Canada et les États-Unis) dans 16 villes différentes, qui ont des législations différentes, qui ont des systèmes de sécurité différents, qui ont des lieux différents ? Et puis après, avec les nouveautés, la pose fraîcheur, entre autres. Mais en même temps, bon, les États-Unis à cette période de l'année, il va faire très, très chaud : de 25 à 35 °C. Même, sur certains territoires, 40 °C. Donc, on peut imaginer que les footballeurs ont envie de boire. Mais c'est vrai que bon, il y a trop".
"Il y a beaucoup trop de business, en particulier avec le prix des billets", poursuit Gérard Holtz à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu. "Et puis, ce qu'on a découvert aussi, c'est que certains Américains ont acheté des billets, alors qu'ils n'iront pas au stade, mais juste pour la spéculation et pour pouvoir les revendre. Quand on pense que le métro pour aller au stade où vont jouer les Français, le premier match, dans la banlieue de New York, coûte 100 dollars ! Juste le métro pour aller au stade ! Et puis, des billets qui coûtent au minimum 100, 200, 300… 800, 8000 euros de temps en temps !"
"On a les meilleures équipes du monde qui sont réunies"
Malgré ces réserves, le spectacle sportif s’annonce exceptionnel. Les principales puissances du football mondial sont au rendez-vous et les favoris ne manquent pas. "En même temps, on a les meilleures équipes du monde qui sont réunies. On va avoir un football sans doute très spectaculaire. Avec ce que je considère, moi, comme les favoris, c'est-à-dire l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne, la France, bien sûr", estime Gérard Holtz.
L’environnement autour de la compétition constitue également un sujet d’attention. Le contexte géopolitique n’est pas totalement absent du tournoi. "Après, se pose la question de la participation de l'Iran. Les États-Unis n'avaient plus de relations diplomatiques du tout depuis 1980 avec l'Iran. Bon, ils n'ont pas voulu boycotter complètement l'équipe iranienne. Donc Infantino, le président, a dit : 'Non, non, il faut qu'ils jouent'. Donc, ils vont jouer", a fait savoir Gérard Holtz à l'antenne de Sud Radio.
"Le problème, c'est la situation au Mexique en ce moment. Il y a eu la mort de Cervantes, l'un des narcotrafiquants. L'armée est intervenue, il y a des opérations militaires, la situation est très, très chaude au Mexique en ce moment. Évidemment, ça peut jouer sur l'environnement d'un match", poursuit Gérard Holtz.
"Les footballeurs sont beaucoup moins dans leur bulle qu'avant"
Enfin, les joueurs évolueront dans un contexte médiatique sans précédent. "Ils sont beaucoup moins dans leur bulle qu'avant. La première Coupe du monde que j'ai pu suivre, pas sur le terrain, mais c'était en Suède en 1958. Et là, les Français étaient dans un petit hôtel. Ils s'entraînaient juste à côté de l'hôtel, et ils étaient coupés complètement du monde. Ils avaient juste quelques nouvelles par les journalistes qui venaient les voir à l'entraînement. Bon, après ont commencé les téléphones, ont commencé les fax, ont commencé les télex, ont commencé les ordinateurs… Et aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, ils ne seront pas du tout imperméables au reste de l'actualité ! Ça, c'est sûr. Et ils vont regarder un peu ce qu'on dit d'eux et les résultats des autres équipes. Donc, ça peut avoir une influence", raconte Gérard Holtz au micro de Sud Radio.
Entre gigantisme assumé, enjeux économiques, défis logistiques et promesses sportives, cette Coupe du monde 2026 s’annonce comme l’une des plus marquantes de l’histoire du football mondial.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.