"Le nucléaire est clé pour réconcilier à la fois l'indépendance et donc la souveraineté énergétique, la décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité et donc la création d'emplois de nos économies". Ces propos, ce sont d'Emmanuel Macron à l'occasion du sommet nucléaire de Paris, qu'il a lui-même inauguré ce mardi 10 mars.
De la prudence et défiance en 2017...
Ce soutien affiché et revendiqué au financement du nucléaire illustre un changement de cap total opéré par le chef de l'État ces dernières années. Après une période marquée par la volonté de réduire la place de l’atome, initiée sous François Hollande et symbolisée par l’arrêt de la centrale de Fessenheim, la stratégie énergétique française a été progressivement réorientée.
Au début de son mandat, Emmanuel Macron adoptait en effet une position prudente à l’égard du nucléaire, dans la continuité de la loi de transition énergétique votée sous François Hollande. Pendant la campagne de 2017, il se prononçait pour une réduction progressive de la part du nucléaire dans la production d’électricité française, avec l’objectif de la ramener à 50 %.
Il défendait alors la fermeture de plusieurs réacteurs vieillissants et confirme l’arrêt de la centrale de Fessenheim, tout en affirmant vouloir accompagner le développement des énergies renouvelables. Cette ligne visait à concilier l’héritage du modèle énergétique français, largement fondé sur l’atome, avec les exigences de la transition écologique, sans pour autant rompre brutalement avec le nucléaire.
... au changement de cap en 2022
Emmanuel Macron a depuis remis le nucléaire au cœur de la politique énergétique nationale en relançant plusieurs projets de réacteurs. Une nouvelle stratégie engagée dès sa campagne présidentielle de 2022, lors de laquelle il met en avant, face aux enjeux énergétiques et à la dépendance européenne au gaz, le rôle stratégique de l’atome pour garantir l’indépendance énergétique de la France et lutter contre le réchauffement climatique. Lors de cette campagne, il promet la construction de six nouveaux réacteurs EPR, tout en modernisant les installations existantes.
🗣️@ericrevel1 : "Macron et Von der Leyen veulent aujourd'hui du nucléaire civil, mais tous deux avaient, il n'y a pas si longtemps, exprimé tout le mal qu'ils pensaient de cette énergie ! C'est du foutage de gueule !" #GrandMatin
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"L'UE a fait une erreur stratégique"
Le chef de l'Etat poursuit sur cette voie tout au long de son second quinquennat. Mais désormais, il est rejoint par d'autres acteurs européens, à commencer par Ursula von der Leyen, qui a reconnu ce mardi, lors du sommet nucléaire de Paris, que "l’UE a fait une erreur stratégique en réduisant les investissements dans le nucléaire civil en Europe".
Lors de ce sommet, ce sont 27 pays qui ont appelé à accélérer les investissements publics mais aussi privés pour tripler les capacités nucléaires installées dans le monde d'ici 2050, un objectif adopté lors de la COP28. La France, aux côtés de pays comme la Belgique, le Japon, l’Italie ou la Turquie, a insisté sur la nécessité de mobiliser un financement adéquat, stable et diversifié pour soutenir le nucléaire, incluant non seulement les fonds publics mais aussi les banques multilatérales et les investisseurs privés, longtemps réticents à ce type de projets.
🇪🇺 Nucléaire : l’Europe a fait « une erreur stratégique », reconnaît Ursula von der Leyen
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Historiquement portés par les États et leurs entreprises publiques, ces investissements deviennent désormais un enjeu collectif, selon l’Élysée, qui souligne le caractère inédit de cette approche. Cette dynamique financière est jugée essentielle pour atteindre l’objectif de tripler les capacités nucléaires mondiales d’ici 2050, fixé lors de la COP28 à Dubaï, et auquel une trentaine de pays ont souscrit, récemment rejoints par le Brésil, la Chine, l’Afrique du Sud, la Belgique et l’Italie.