Soyez libres avec vous, Françoise Degois. L’Iran ce matin, on parle de centaines, voire de milliers de morts parmi les manifestants.
« On ne dira jamais assez le courage, la détermination, la force de ce peuple iranien qui brave les tirs de Kalashnikov, des milices parallèles aux gardiens de la révolution constitués de têtes brûlées qui tirent désormais en rafale pour tuer le maximum de manifestants. Et dans les images qui nous parviennent, grâce à Starlink, on voit le défilé des familles dans les morgues improvisées de Téhéran, venus reconnaître leurs proches.
Mais ils ne désarment pas et veulent en terminer avec leurs bourreaux, la théocratie islamique qui les persécute et a placé le pays sous son joug depuis 1979. Et cette fois-ci chacun se dit, est-ce que c'est la bonne ? Vous savez peut-être qu'avant le retour de Khomeini en Iran, le 1er février 1979, les Iraniens avaient manifesté tous les jours pendant 5 mois pour renverser le Chah. Tous les jours pendant 5 mois. C'est dire la détermination de ce peuple. »
"L'Iran est isolé sur le plan international"
Face à un régime plus isolé que jamais.
« Oui, parce qu'il y a l'épreuve de force, mais il y a la réalité du régime iranien. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on peut penser que cette fois-ci, c'est peut-être la bonne. L'Iran, bien sûr, est isolé sur le plan international avec les sanctions qui la frappent durement. Mais elle l'est aussi sur le plan régional après le démantèlement du Hezbollah et de sa structure de projection de terreur après la guerre et les frappes israélo-américaines qui ont fortement ébranlé le régime de l’intérieur. Et puis avec de fortes dissensions entre les dirigeants.
Mais isolé ne veut pas dire vaincu. Et c'est pour ça, d'ailleurs, vous l'avez dit tout à l'heure, que Donald Trump, pour le moment, évite une posture totalement va-t’en-guerre. Il annonce qu'il négocie une intervention américaine. Pour quoi faire à part détruire les stocks de munitions pour éviter qu'elles ne servent à abattre les manifestants.
"Il est urgent plutôt de négocier avec l'Iran"
Mais ce serait également un prétexte que prendraient les Mollahs pour démontrer que cette révolution en marche n'est que la suite de manipulations extérieures du grand satan américain et de son acolyte israélien. Voilà pourquoi il est urgent plutôt de négocier pour tenter de calmer un régime aux abois qui a déjà à peu près tout perdu et n'a donc plus rien à perdre.
Et de toute façon, l'histoire nous montre, que rien ne se change depuis l'extérieur. Les expériences douloureuses, nous les avons de l'Irak, de l'Afghanistan ou de la Libye. Et puis, le Golfe Persique, reste tout de même la plaque mondiale du pétrole. Précipiter l'Iran dans le chaos pourrait signifier une crise pétrolière sans précédent, avec notamment la hausse brutale du baril qui est assez bas aujourd'hui, à 53 dollars. Le business n'est jamais loin. »
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— Sud Radio (@SudRadio) January 12, 2026
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"Le rôle de l'Union Européenne est assez limité"
On est plutôt quand même timide en France et en Europe dans les réactions, non ?
« Oui, bien sûr, mais vous savez, la France d'abord, elle a une priorité comme nous le confiait un conseiller de l'Elysée hier. Il faut d'abord sécuriser le sort de Cécile Kohler et de Jacques Paris. Je rappelle quand même qu'ils ont été libérés de prison, mais qu'ils sont encore aux mains du régime. Et puis, c'est la même chose pour les autres pays européens qui doivent sécuriser leur personnel d'ambassade.
Et par ailleurs, à part augmenter les sanctions, le rôle de l'Union Européenne est assez limité. Pour le moment, c'est donc l'opinion publique qui soutient profondément en France. Il suffit de voir les millions de tweets échangés ce week-end.
Mélenchon accuse le Mossad
C'est hallucinant, je n'avais jamais vu une telle arborescence, même pour le Venezuela. Tout le monde, tout le monde, finalement, se passe et se retweet et s'envoie des vidéos. Pourquoi ? Eh bien, parce que c'est le seul moyen internet d'avoir des infos et d'avoir de véritables images.
Et voilà, l'opinion publique française, elle est tout à fait engagée aux côtés des Iraniens. Toute l'opinion, sauf la sphère Mélenchon, qui s'est enferrée dans une explication totalement indigne de ses manifestations contre la vie chère, selon lui, et dont les militants mettent en cause encore et toujours, tous les jours, le Mossad dans la manipulation. Vous voyez à peu près où on en est, mais je vais dire quelque chose qui est tout à fait réel.
"Pour LFI, il y a les bonnes et les mauvaises révolutions"
Mélenchon est à peu près aussi isolé que le régime des Mollahs. Pourquoi ? Parce que toute la gauche mélenchoniste soutient haut et fort les Iraniens pour se défaire, notamment de la camisole des Mollahs, comme a pu le dire Olivier Faure ou bien même François Hollande. Ça, c'est la gauche normale, hors LFI.
Pour LFI, il y a donc les bonnes et les mauvaises révolutions et cette règle trotskiste. Les ennemis des USA sont nos amis, ou presque. Mais en réalité la classe politique française est quand même au diapason avec l’opinion. L’opinion a compris qu'une révolution est en marche et elle veut mettre un terme à ce régime islamique qui tue ses citoyens, particulièrement sa jeunesse. »
Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.