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L'humeur de Périco Légasse : "La posture d'Ursula von der Leyen rappelle celle de Trump"

OPINION SUD RADIO – Périco Légasse critique la décision de Ursula von der Leyen d’accélérer l’entrée en vigueur de l’accord Mercosur, qu’il considère comme une remise en cause de la souveraineté des États et du rôle du Parlement européen.

L'humeur de Périco Légasse : « Ursula von der Leyen rappelle la posture de Donald Trump »
(Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)

« “Et qu’on s’assoie tous dessus”, comme le fait dire Michel Audiard à Lino Ventura dans l’une des plus célèbres répliques du film Les Tontons flingueurs. Respectueux de sa fonction de présidente de la Commission européenne, nous n’oserons pas la comparaison. Mais force est de constater que Ursula von der Leyen a décidé que l’accord Mercosur entrerait en vigueur sans attendre l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne. 

En passant outre la décision du Parlement européen, dont elle tient pourtant sa légitimité, de vérifier la conformité de ce traité avec le droit européen avant toute ratification, l’ancienne ministre d’Angela Merkel adopte une posture qui rappelle celle de Donald Trump.

« Les gouvernements européens ne disposent plus d’aucune souveraineté »

Elle ose tout, et c’est même à cela qu’on la reconnaît. Pour certains, cette décision illustre que les États et les gouvernements européens ne disposent plus d’aucune souveraineté réelle en matière d’accords commerciaux depuis l’adoption de l’Acte unique en 1986, soutenu notamment par Jacques Delors, puis les traités de Traité de Maastricht et de Traité de Lisbonne. 

Ce dernier avait été adopté après le rejet du traité constitutionnel européen lors du référendum de 2005. Selon ses détracteurs, l’accord avec le Mercosur pourrait être incompatible avec certaines normes européennes. Ils estiment que la présidente de la Commission privilégie les intérêts allemands, au détriment notamment des agriculteurs français. 

« Une entorse institutionnelle majeure »

Cette décision est présentée comme une entorse institutionnelle majeure depuis la signature du Traité de Rome. Pour ces critiques, la responsabilité ne revient pas seulement à la Commission, mais aussi aux gouvernements français successifs qui ont accepté de transférer des compétences commerciales à l’échelon européen.

Cette controverse s’inscrit dans un climat de défiance croissante à l’égard de l’Union européenne, nourri depuis les mandats de José Manuel Barroso et de Jean-Claude Juncker, souvent accusés d’avoir renforcé une orientation libérale et technocratique des institutions européennes. 

« Emmanuel Macron devrait exiger la démission d’Ursula von der Leyen »

Pour certains, cette crise pourrait relancer le débat sur la souveraineté et sur l’avenir du projet européen, en référence à la vision originelle de Robert Schuman ou à celle défendue par Charles de Gaulle. 

Dans ce contexte, les critiques les plus virulentes estiment que Emmanuel Macron devrait adopter une position plus ferme, allant jusqu’à exiger la démission d’Ursula von der Leyen et envisager une politique de la “chaise vide” pour peser dans les négociations européennes. Sans verser dans l’invective, ils appellent à une réaction forte face à ce qu’ils perçoivent comme un mépris à l’égard des intérêts français et des équilibres institutionnels. »

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États sur Sud Radio de 12h à 14h. 

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