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Iran, Colombie, Groenland… Après le Venezuela, où s’arrêtera Donald Trump ?

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - L’opération des États-Unis au Venezuela pourrait bien dérégler les rapports de forces dans le monde. De l’Amérique latine au Moyen-Orient, plusieurs États sont désormais directement visés par Donald Trump. Pire, au-delà des Américains, cette initiative sans précédent est susceptible de légitimer des actions similaires à d’autres puissances comme la Chine ou la Russie.

Donald Trump : « Viagra de l’Europe » ou « plus grand danger » du Vieux-Continent ?
Donald Trump (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Les frappes des États-Unis sur le Venezuela et la capture spectaculaire de Nicolás Maduro et de sa femme pourraient bien dépasser le simple cadre du narcotrafic. Interrogé dimanche sur les suites de cette opération, Donald Trump a assuré que les Américains « sont aux commandes » du pays tout en laissant entendre que les États-Unis pourraient élargir leur action à d’autres pays. En Amérique latine et au-delà. À bord d’Air Force One, Trump a d’ores et déjà averti Cuba, la Colombie, le Mexique, l’Iran et le Groenland d’actions concrètes, sur fond de lutte contre le trafic de drogue, de sécurité intérieure ou extérieure.

La Colombie ? « Une bonne idée »

En Amérique latine, la Colombie apparaît comme la cible la plus directement désignée par Washington après le Venezuela. Trump estime que la Colombie est « dirigée par un homme malade (Guistavo Pedro) qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux Etats-Unis ». Le président américain a même estimé qu’une opération américaine contre la Colombie serait « une bonne idée ».

Cuba et le Mexique de nouveau dans le viseur 

Dans le même temps, Cuba est à nouveau dans le viseur de l’administration américaine. Le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié le régime cubain de « problème majeur », l’accusant de soutenir l’appareil sécuritaire vénézuélien, tandis que Donald Trump estime l’île « en grande difficulté » et « prête à tomber » sans intervention militaire directe. Le Mexique, enfin, est évoqué de manière plus indirecte, Washington justifiant de possibles actions unilatérales par l’emprise jugée incontrôlée des cartels, envoyant la drogue sur le sol américain.

Action-réaction contre l’Iran ?

Au Moyen-Orient, l’Iran constitue une autre ambition de Donald Trump. Alors que des manifestations agitent plusieurs régions du pays, le président a averti qu’une répression sanglante entraînerait une réaction américaine, déclarant que les États-Unis « frapperaient durement » l’Iran « s’ils commencent à tuer des gens comme par le passé ». 

Téhéran a alors répondu par une série de mises en garde. Des responsables comme Ali Shamkhani et Ali Larijani ont prévenu qu’une intervention déclencherait une « riposte », tandis que le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a dénoncé une menace « imprudente et dangereuse », assurant que les forces armées iraniennes étaient en alerte et prêtes à défendre la souveraineté nationale.

Le Groenland bientôt sous pavillon américain ?

Enfin, cette logique de pression ne se limite pas aux adversaires historiques de Washington. Donald Trump a réitéré son souhait de prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome sous souveraineté danoise, invoquant des impératifs de sécurité nationale dans une zone Arctique « couverte de navires russes et chinois ». Le Danemark a rapidement réagi par la voix de son ambassadeur à Washington, rappelant la nécessité d’un « respect total de l’intégrité territoriale » et soulignant qu’une telle perspective constituerait une violation manifeste du droit international.

De quoi donner des idées à la Chine et la Russie

Comme le résume le journaliste Franck Genauzeau, envoyé spécial à Washington pour France Télévisions, cette posture envoie « le message d’une Amérique prête à redessiner la carte du monde au gré de ses intérêts ».  Mais cette stratégie de coercition assumée pourrait avoir un effet paradoxal et produire un effet boule de neige incontrôlable à l’échelle mondiale.

En montrant qu’un État puissant peut menacer ou intervenir unilatéralement, Washington risque de légitimer des comportements similaires chez d’autres puissances mondiales. En effet, alors que la Chine est plus proche que jamais de Taïwan, Pékin pourrait y voir la confirmation que la force prime sur le droit international. De son côté, la Russie pourrait être tentée de renforcer ses ambitions ou son influence dans des zones contestées, estimant que les règles multilatérales sont désormais secondaires.

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