Drôle d'époque avec vous Françoise Degois. On parle de la volte-face de Donald Trump qui renonce aux taxes et à l'invasion militaire du Groenland en échange d'un accord dont on ne sait pour l'instant pas grand chose.
« Le président américain a reculé après des semaines de tensions entre lui et l’Europe. Entre lui et Emmanuel Macron. Bien sûr qu'il recule car ni vous ni moi ne savons rien du fameux plan. Il n'est pas question d'abandon de souveraineté, ça je le dis tout de suite car le Danemark a déjà fait savoir qu'il n'en était pas question et donc toute l'Europe butera à nouveau sur cette question.
De quoi s'agit-il en réalité ? Plutôt de bases militaires supplémentaires si on en croit les diplomates qui étaient à Davos hier. Des bases militaires supplémentaires et des terres pour les minerais. Aucune commune mesure avec une annexion et peut-être aussi que Trump pousse son fantasme du fameux « dôme de l’Arctique" sur le modèle vous le savez du dôme israélien, véritable parapluie qui protège l'état hébreu. On est donc bien loin du discours guerrier et des menaces de taxation à 200%, c'est en fait une vraie désescalade et pour une fois eh bien on va la mettre au crédit de l'Europe.
"Les USA ont brûlé 1200 milliards de dollars en une journée"
Je sais, ça ne fait pas plaisir, mais la réaction européenne, Emmanuel Macron en tête, a été extrêmement ferme, extrêmement précise et dure. Et cette réaction a tellement surpris les Américains mais surtout le monde de la finance qu'elle a entraîné une véritable angoisse sur les marchés financiers. Avec toutes les bourses qui ont chuté, en une seule journée mardi, les USA ont brûlé 1200 milliards de dollars.
Voilà donc un langage que comprend en fait le président américain. Il comptait sur la désunion, en réalité, malgré la pression du tissu industriel allemand, les Allemands ont suivi la France. Et quand vous avez même le patron du Medef qui dit hier matin « il faut s'opposer à Trump », eh bien vous avez une petite idée de la détermination européenne et française. »
"Macron 1, Trump 0"
Oui et à l'intérieur de l'Europe et de Trump, il y a Trump et Macron avec des échanges et un véritable match. Ça donne quoi ?
« On peut dire Macron 1, Trump 0, en tout cas sur la séquence, sur ce moment de Davos. Même si le chef de l'État avait voulu le faire exprès, il n'aurait pas pu imaginer ça. Les lunettes et le discours en anglais façon Frenchie sur la loi du plus fort, ce combo a provoqué un buzz planétaire, qui ferait rêver n'importe quel politique.
Macron a littéralement cassé les compteurs des millions de vues de son discours reposté par les gros comptes démocrates américains. Je vous passe les unes du président français en breaking news avec ses lunettes françaises d'ailleurs, aux USA, en Europe, en Asie.
🇺🇸#Trump lève les menaces sur les droits de douane
— Sud Radio (@SudRadio) January 22, 2026
🗣️@francoisedegois : "Trump recule, et pour une fois, on peut le mettre au crédit de l'Europe ! La réaction européenne, avec Macron en tête, a été ferme" #GrandMatin
➡️ https://t.co/O8loEFFt9u
☎️Réagissez au 0 826 300 300 pic.twitter.com/ha5o8ookmk
"Macron marque des points"
Je vous passe les vidéos délirantes créées par l'IA, allez les voir c'est très drôle, notamment celle où vous voyez Trump dans son Air Force One et Macron qui le poursuit en Top Gun au volant de son Rafale en lui faisant des bras d'honneur. Bref, en quelques heures le chef de l'État est devenu le chef du monde libre 2.0. Tout ça pour une méchante infection à l'œil qui l'oblige à porter des lunettes.
La post-théorisation qui consiste à expliquer doctement qu'il l'a fait exprès pour ressembler à Tom Cruise, c'est complètement à côté de la plaque. Même lui ne pouvait pas l'imaginer, en tout cas il marque des points personnellement, quoi qu'en dise les grincheux. »
"L'Europe a montré un visage uni"
L'Europe aussi, mais jusqu'à quand ?
« Et c'est ça le sujet, car on peut s'amuser, on peut se demander y a-t-il un adulte dans la pièce parfois, mais le sujet c'est si elle fait reculer momentanément le T-Rex, comme le surnomme le gouverneur de Californie, Trump peut à nouveau faire volte-face, et volte-face de la volte-face.
Mais en tout cas, l'Europe a montré un visage uni, au moins sur quelques jours, mais elle doit déjà s'interroger, car la crise du Groenland s'apaise certes, mais cette crise a montré que si les Américains ont besoin, quoi qu'ils en disent, du grand marché européen, eh bien l'Europe ne peut pas faire sans les Américains.
"L'Europe doit travailler pour devenir un continent refuge"
Elle doit donc être capable d'avancer sur des sujets de souveraineté économique, industrielle, mais surtout numérique, parce qu'il y a quand même un vent de folie qui a soufflé, et si les Américains nous coupaient nos systèmes de paiement ? Mastercard, Visa, etc.
Le Groenland en fait, c'est la fin de la naïveté, un certain ordre mondial aussi qui s'en va, que veut abolir Trump, et l'Europe doit vraiment travailler pour le contrer, et devenir une sorte de continent refuge face aux appétits dévorants américains et chinois. »
Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.