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L'irresponsabilité pénale : le combat d'un père qui se bat depuis 28 ans après la mort de sa fille

Par La rédaction

TÉMOIGNAGE SUD RADIO : Le procès du lycéen qui a tué Agnès Lassalle a réveillé de douloureux souvenirs chez un père de famille dont la fille a été abattu d'un coup de fusil. Il se bat depuis 28 ans.

Trop lente, trop complexe : les Français face à une justice à bout de souffle

Verdict attendu aujourd’hui dans le procès du lycéen accusé du meurtre d'Agnès Lassalle en pleine salle de classe. C'était il y a trois ans à Saint Jean Luz.  Devant la cour d'Assises à Pau, l’élève âgé de 19 est jugé à huis clos. Un procès où la question de l'irresponsabilité pénale a été au cœur des débats  avec  trois expertises psychiatriques  qui ont donné trois avis différents dont une concluant à l'abolition du discernement. Une affaire qui a réveillé de douloureux souvenirs chez un père de famille dont la fille a été abattu d'un coup de fusil, sans raison, en banlieue de Toulouse … un père qui depuis 28 ans se bat pour faire changer les choses .. et une meilleure prise en charge des prévenus. Le récit avec notre journaliste Christine Bouillot

La fille de Christian Stawoski a été abattue froidement il y a 28 ans par un homme déclaré irresponsable au moment des faits. Il n'y a jamais eu de procès. Alors entendre que l'irresponsabilité pénale pourrait intervenir dans le dossier d'Agnès Lassalle est pour lui tout simplement insupportable.

"Les experts eux-mêmes disent qu'ils font leur choix d'après leur morale et leur philosophie"

Christian Stawoski :"Si vous regardez dans ce procès, qu'est-ce qui se passe ? Il y a trois experts, trois avis différents. Pourquoi il y a tant de différences dans les avis ? L'expertise repose sur deux mots, abolition ou altération. Le problème, c'est que les experts eux-mêmes disent dans des livres qu'il y a impossibilité médicale de faire la différence entre l'abolition et l'altération du discernement et qu'ils font leur choix d'après leur morale et leur philosophie"

"Actuellement, tout le monde se renvoie la balle. Le psychiatre dit « moi, je ne donne qu'un avis ». Le juge dit « oui, mais moi, je ne suis pas psychiatre, j'entends l'avis ». C'est la faute à personne"

Après avoir contribué à l'évolution de la loi Dati en 2008, Christian Stawoski veut désormais aller plus loin, notamment dans l'encadrement des gens déclarés irresponsables.

"Pourquoi on ne pourrait pas le faire en France ?"

Christian Stawoski :"Un suivi par un juge d'application des soins à travers un travailleur social. Admettons, le travailleur social voit qu'il se drogue ou autre, il avertit le juge d'application des soins et il retourne en centre fermé. C'est ce qui se fait en Allemagne et ça marche très bien. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire en France"

Selon les chiffres du ministère de la Justice, plus de 23 000 cas d'irresponsabilité pénale ont été recensés en France en 2024.

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