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Le Salon de l'Agriculture a-t-il perdu de son âme ?

Au-delà de l'absence des vaches, le Salon de l'Agriculture semble moins rural qu'auparavant, avec de plus en plus de représentants des grandes surfaces ou d'organismes au détriment de ceux du monde rural.

Le Salon de l'Agriculture a cruellement manqué d'ambiance cette année.
Le Salon de l'Agriculture a cruellement manqué d'ambiance cette année (Ludovic MARIN - AFP

Le 62e Salon de l'Agriculture qui va fermer ses portes ce dimanche restera tristement dans les annales comme étant celui qui aura sonné particulièrement creux, en raison de l'absence de l'animal star et emblématique : la vache, à cause de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Conséquences : 115 bêtes qui manquent à l'appel, 80 éleveurs qui sont restés chez eux et un hall 1 sans grand bruit ni odeur.

« Le salon est de moins en moins agricole »

Si l'annonce fracassante par Ursula von der Leyen de l'application provisoire du traité UE-Mercosur a également bien plombé l'ambiance quand personne ne s'y attendait, l'autre enseignement est que ce Salon de l'Agriculture semble avoir perdu de son âme pour une autre raison encore. « Le salon est de moins en moins agricole, souligne Bertrand Venteau, Président de la Coordination Rurale. Il n'est pas assez agricole, il n'est pas assez rural et on ne laisse pas assez les agriculteurs, les producteurs aller au contact du public, à expliquer le métier qu'on fait avec nos contraintes mais aussi nos atouts. Il est temps que son président, Jérôme Despey, rectifie le tir, nous invite au conseil d'administration du Salon. Parce qu'il faut remettre la ruralité, l'agriculture et les agriculteurs à parler aux Parisiens et pas faire un salon pour Lidl ou d'autres organismes qui nous entourent. Que les grandes surfaces soient là, pour moi c'est inacceptable. »

« Que les grandes surfaces soient là, pour moi c'est inacceptable » 

Un son de cloche partagé par Guy Durand, agriculteur, et affilié à la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FDSEA) : « Ce n'est pas le même salon, c'est différent. Ce ne sont pas les mêmes personnes qui sont là. On avait demandé aux organismes de sélection d'essayer de faire monter un peu d'éleveurs, de trouver des éleveurs pour quand même qu'ils viennent parler de leurs bêtes. Mais en fait, on s'aperçoit qu'on n'a que des techniciens et tous les staffs de la politique. Alors que les paysans, ils sont pas trop là. C'est un manque d'agriculteurs et du coup, c'est pas tout à fait la même ambiance, c'est pas tout à fait pareil. Vous vous êtes promenés et vous avez vu, on ne met pas les pieds dans la merde ! Oui, d'habitude, on met un peu les pieds dans la merde, là non. C'est pas le même salon. »

« D'habitude, on met un peu les pieds dans la merde, là non ! »

Secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie résume finalement ce cru 2026 et l'enjeu de la prochaine édition : « On est dans un salon particulier. Il y a les producteurs de vin, il y a les producteurs de porc, il y a les équidés, il y a toutes les autres espèces qui sont là mais on n'a pas les éleveurs de bovins qui sont là et ça change l'ambiance. Ca marque quelque chose d'unique dans l'histoire du salon de l'agriculture. Mais on ne va pas abandonner et c'est une invitation à continuer à venir et à échanger. »

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