singlesud.php

Laurent Tapie :"Les magistrats ont tué mon père !"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - Qui sont ceux qui voulait le mal de Bernard Tapie ? Laurent Tapie, fils de Bernard Tapie évoque les nombreuses erreurs de la justice concernant son père

La politique a-t-elle accéléré la mort de Bernard Tapie ? André Bercoff et Céline Alonzo racontent la chute de l’ancien président de l’OM : une manipulation savamment programmée. Pour en parler, Laurent Tapie, fils ainé de Bernard Tapie et PDG de Delage Automobiles, était l’invité de « Génération Bercoff » sur Sud Radio.

"Les socialistes ne l'aimaient pas et il dérangeait la droite"

Laurent Tapie :"La politique et la justice aux mains de la politique ont tué mon père. Parce que moi j'en veux pas aux hommes politiques, c'est la règle du jeu. C'est un milieu où on tue l'adversaire. Il s'était positionné en plus avec les socialistes qui ne l'aimaient pas, il les dérangeait et il dérangeait la droite aussi puisqu'ils avaient promis la mairie de Marseille à Gaudin et c'était quand même intéressant pour la droite de disposer de la mairie de Marseille et ensuite de la région"

"La politique à mené à la mort de mon père"

"Donc, quand vous avez les deux camps contre vous, vous n’avez aucune chance. Mais le plus triste dans cette affaire, c’est quand même la justice française, qui a fait n’importe quoi du début à la fin. Et quand je dis “n’importe quoi”, ce n’est pas de l’incompétence, c’est sciemment. Elle a rendu des décisions de justice pendant 25 ans, en dépit du bon sens, sans que personne ne soit jamais sanctionné. Moi, j’estime que les magistrats français ont tué mon père"

"La justice a reconnu que cette liquidation avait été artificielle"

"En 1994, ils le mettent en faillite, comme vous l'avez rappelé, dans un temps record et dans des conditions absolument hallucinantes. Il aura quand même fallu attendre 2005 pour qu'une cour reconnaisse — c'est une première dans l'histoire française — que cette liquidation était artificielle et procède à une révision du jugement de liquidation. Donc, ce n'est pas une annulation, c'est une révision. C'est-à-dire qu'on reconnaît que, oui, c'est vrai, il n'aurait pas dû être mis en faillite : les conditions n'étaient pas réunies pour le faire. Donc, ça commence par là"

"En 1995, le tribunal de commerce donne, pour la première fois, raison à mon père dans son conflit avec le Crédit Lyonnais, sur les aspects que vous avez rappelés, c’est-à-dire deux manquements fondamentaux aux obligations d’un mandataire. On doit informer son client au mieux de ses intérêts, notamment lorsqu’il peut vendre son affaire plus cher. Et on ne doit pas se porter contrepartie de l’affaire qu’on est chargé de vendre. Ils ont été condamnés tout le temps sur ces deux manquements-là".

"Quinze ans après, il pensait qu'on lui foutrait la paix"

"Au bout de dix ans, toute la procédure pénale se termine. Il va devant la cour d’appel de Paris, qui condamne le Crédit Lyonnais, via le CDR (Consortium de réalisation), à 135 millions d’euros pour avoir manqué à ses obligations. Quinze ans après, il pense qu’on va lui foutre la paix. Se profilent l'élection présidentielle de 2012, dont le second tour opposera Sarkozy à Hollande. Et évidemment, dans la foulée de l’arbitrage, la gauche et Jean-Marc Ayrault font des pieds et des mains pour essayer de casser l’arbitrage"

"La justice rend alors des jugements : tribunal administratif, cour administrative d’appel… Tous les jugements disent : “Circulez, il n’y a rien à voir ! L’arbitrage a été fait dans les formes. Barrez-vous !”

"On a menacé mon père de voter François Hollande en 2012"

"On arrive à 2012, et les personnes proches de Hollande appellent mon père tous les jours pour lui dire : “Si tu veux que ton arbitrage reste comme il est, tu as intérêt à appeler Hollande et à voter Hollande. Et mon père, malheureusement — je dirais presque —, ne se laisse pas intimider. Il dit : “Entre Hollande et Sarkozy, sur le plan intellectuel et de ce que ça peut donner pour la France, il n’y a pas d’hésitation à avoir.” Il appelle donc à voter Sarkozy. Eh bien, ils ont tenu leur promesse dans la foulée"

L'info en continu
17H
16H
15H
14H
13H
Revenir
au direct

À Suivre
/