La journée de mobilisation du 5 novembre 2026 s’est tenue sans encombres notables. Au total, 1,6 million de manifestants revendiqués par les syndicats, 600 000 d'après les autorités. Mais les séquelles des violences urbaines et casses du 17 octobre sont bien là et en attendant le vote du projet de loi casseurs-payeurs, les initiatives se multiplient à l'échelon local. Les régions cherchent à sanctionner plus durement les délinquants.
Le souhait d'une "réponse judiciaire plus adaptée"
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, la collectivité veut créer un délit de pillage et espère promouvoir cette réforme auprès de parlementaires et de juristes. « Les poursuites pour vol ne suffisent pas, pas assez de condamnations, trop de casseurs ressortent libres des tribunaux. Il faut une réponse judiciaire plus adaptée », insiste François de Canson, président de la région PACA, au micro de Sud Radio.
Cette nouvelle catégorie de délit devrait « rassurer » les commerçants et constituer une réponse assortie de sanctions plus dissuasives que les poursuites actuelles pour vol. « On se doit de sanctionner lourdement et durement. Ce délit de pillage, on va le travailler avec des parlementaires et avec des avocats. »
🔴 Faut-il créer un délit de pillage ? #LesVraiesVoix 🗣️ @BilgerPhilippe : « Un magistrat propose de créer le délit de pillage, car cette qualification serait davantage conforme à la gravité pénale des derniers événements. Ce serait une bonne idée » 📺 https://t.co/ZtgvbSTep3 https://t.co/bi6BeV4nkK
— Sud Radio (@SudRadio) November 4, 2026
Priver les casseurs des aides facultatives ?
La collectivité veut même aller plus loin dans les sanctions. "Il y a une faille juridique. On doit la combler. » Si la loi interdit de toucher au RSA, certaines aides versées par les départements pourraient être supprimées. « Tous ceux qui seront reconnus comme casseurs par la justice n'auront pas droit aux aides facultatives. », espère Gérard Gazet, vice-président des Bouches-du-Rhône.
Ne pas mélanger casseurs et manifestants
Nuance tout de même : la mesure des Bouches-du-Rhône vise uniquement les aides sociales facultatives, pas le RSA ni les aides obligatoires, comme l'aménagement ou le logement. « Ce sont des aides complémentaires qui peuvent toucher la jeunesse, la culture. Quelques dizaines, voire centaines d'euros par personne ou par foyer. Mais on ne veut pas mélanger les casseurs avec les manifestants. » L’objectif reste de cibler les casseurs. Au conseiller départemental de Tranché, la mesure est soumise au vote ce vendredi 6 novembre, à deux jours d’une « conférence sociale » entre l’État, le patronat et les syndicats.