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"Conférence sociale" à Matignon : qu'est-ce qui s'y joue et avec qui ?

Par Estelle Solari

Le gouvernement réunit syndicats et patronat à Matignon ce lundi 9 novembre 2026 pour une conférence sociale. Salaires, pouvoir d’achat, emploi, retraites : à quoi s’attendre de cette réunion de crise ?

Une "conférence sociale" doit se tenir en marge des manifestations, ce lundi 9 novembre 2026.
Une "conférence sociale" doit se tenir en marge des manifestations, ce lundi 9 novembre 2026. Dimitar DILKOFF - POOL/AFP

Après trois samedis de manifestation et une nouvelle journée de mobilisation massive ce 5 novembre 2026, Sébastien Lecornu a convoqué une « conférence sociale » lundi prochain, à Matignon. Derrière cette nouvelle appellation doit se tenir une réunion entre État, syndicats et patronat. Et si la sémantique renvoie à la traditionnelle concertation française, en 2026, son usage politique donne à la future réunion de crise, des allures d’événement solennel et montre que le gouvernement reconnaît l’urgence.

Entre table ronde fermée et table des négociations

Le Premier ministre a donc annoncé réunir les organisations représentantes des salariés et employeurs pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ». Il ne s’agit donc pas d’un grand forum public, mais vraisemblablement d’une table ronde fermée, destinée à dégager des arbitrages et, si possible, des annonces concrètes.

Au cœur des débats ? Le Smic, les minima de branches et les négociations salariales dans les entreprises. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a notamment dit vouloir faire franchir au Smic net, la barre symbolique des 1 500 € mensuels, contre 1 477,93 € actuellement.

Une attente forte de la part des syndicats

Mais les syndicats attendent des mesures plus larges qu’un simple ajustement smicard. La CFDT réclame un coup de pouce de 100 € nets, tandis que la CGT espère une hausse de 10% et l’indexation des salaires sur les prix. En face, le patronat devrait probablement chercher à limiter le coût d’une hausse salariale, en discutant des allègements de charges sur les bas salaires. Le gouvernement devra donc trouver un compromis entre pression sociale, coût pour les entreprises et contraintes budgétaires.

Les dialogues sont en cours jusqu'à dimanche

Pour l'heure, les consultations ne sont pas terminées : Confronté à un automne social incandescent, le chef du gouvernement a demandé au ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, de finaliser les concertations sur ces sujets. Ce dernier doit s'entretenir jusqu'à dimanche, avec les dirigeants des principales organisations patronales : Patrick Martin du Medef, Amir Reza Tofighi pour les Entrepreneurs, ex-Cmpe, et Michel Picon del'U2P.

Dans le même temps, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, échange lui, avec les représentants des agents publics. Fonction publique, primes ou minima conventionnels, ces derniers dialogues pourraient donc encore faire gonfler le nombre de sujets sur la table.

La jeunesse devrait, en toute logique, apparaître dans les discussions ce lundi malgré son absence de représentant à la rencontre. Leur mobilisation sans faille depuis la mi-septembre a déjà fait réagir le gouvernement, mais nos cadets en espèrent encore davantage.

"C'est la dernière chance pour le gouvernement"

Pour Cyril Chabanier, président de la CFTC interrogé jeudi soir sur France Info, "c'est la dernière chance pour le gouvernement". Une vision partagée par nombre de ses confrères : L'intersyndical a annoncé attendre le résultat de la conférence pour décider des suites du mouvement.

"La question qui est posée aujourd'hui, c'est pas 'est-ce qu'on va gagner'" mais "'combien va-t-on gagner ?'", estime la responsable de la CGT Sophie Binet. Des appels à de nouvelles actions ont déjà été lancés par des organisations de jeunesse et des gilets jaunes, prévus pour prévus pour ce samedi 7 novembre, lors d’un « acte IV ».

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