Le mouvement des Gilets jaunes entend démontrer qu'il conserve sa capacité de mobilisation. Après les rassemblements des 17, 24 et 31 octobre, la coordination nationale appelle à un Acte IV ce samedi 7 novembre, présenté sous le mot d'ordre de « l'égalité réelle ». Cette nouvelle journée d'action intervient dans le prolongement de la grève interprofessionnelle du 5 novembre, qui a réuni 1,6 million de manifestants selon la CGT et 575 000 personnes selon les autorités. Les revendications portent principalement sur la lutte contre la vie chère, le pouvoir d'achat, les salaires et le blocage des prix de l'énergie et des carburants.
Face à la pression sociale, le gouvernement a annoncé la tenue d'une conférence sociale consacrée aux salaires et au pouvoir d'achat dès le début de la semaine prochaine.
Des blocages ciblés
Selon les organisateurs, près de 90 lieux de mobilisation sont recensés pour ce samedi. La majorité des actions prendront la forme de manifestations, mais des blocages ciblés de ronds-points et de stations-service sont également annoncés dans plusieurs régions.
Des rassemblements sont notamment prévus à Paris, Lille, Strasbourg, Lyon, Le Havre, Lens ou encore Perpignan. Plusieurs villes de province s'attendent à des cortèges mêlant Gilets jaunes, militants associatifs, organisations de jeunesse et syndicats locaux. À Lyon, un rassemblement est annoncé à partir de 14 h dans le secteur de la Manufacture des Tabacs, même si certaines démarches administratives liées à la déclaration du cortège restaient encore incertaines vendredi.
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Les syndicats maintiennent la mobilisation
Si les principales organisations syndicales ne participent pas officiellement à l'organisation de l'Acte IV, plusieurs d'entre elles souhaitent prolonger la dynamique née du jeudi 5 novembre. La CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU poursuivent leur pression sur l'exécutif concernant les salaires, les retraites et les services publics, et ne se positionneront quant à la suite à donner au mouvement national que lundi, une fois que l'intersyndicale aura participé à la conférence sociale souhaitée par Sébastien Lecornu à Matignon.
Mais certaines structures syndicales, notamment dans l'Éducation nationale et l'enseignement supérieur, ont appelé leurs adhérents à rejoindre les manifestations prévues ce samedi.
À Paris, un dispositif de sécurité particulièrement scruté
Une fois encore, Paris concentrera une grande partie de l'attention des autorités. La coordination des Gilets jaunes maintient son appel à un rassemblement place de la Concorde à partir de 14 h. Toutefois, ce rassemblement a fait l'objet de restrictions et de discussions avec la préfecture de police. Parallèlement, l'intersyndicale a obtenu l'autorisation d'un parcours entre République et Nation, identique à celui emprunté lors de la mobilisation du 5 novembre.
Avec 60 à 70.000 membres réquisitionnés, les forces de l'ordre devraient être massivement déployées dans la capitale comme dans plusieurs autres grandes villes de France afin d'éviter les débordements et de sécuriser les principaux points de rassemblement. Plusieurs préfectures ont également pris des arrêtés restreignant la circulation de produits pyrotechniques ou encadrant les zones de manifestation.
Un test pour la suite du mouvement
L'enjeu de cet acte IV dépasse la seule journée du 7 novembre. Les organisateurs veulent transformer la mobilisation sociale née autour du coût de la vie en mouvement durable, capable de peser sur les décisions gouvernementales, au moins juqu'à Noël et aux fêtes de fin d'année.
Le niveau de participation observé ce samedi sera également scruté de près par l'exécutif, les syndicats et l'ensemble des acteurs sociaux. Il permettra de mesurer si la dynamique enclenchée depuis la mi-octobre est en mesure de s'inscrire dans la durée ou si le mouvement atteint déjà un premier palier.