Aussitôt taxé, aussitôt libéré ! Le géant asiatique du e-commerce Shein semble avoir trouvé la parade face à cette taxe sur les petits colis, en vigueur depuis le 1er novembre 2026. Il existe à ce jour, deux taxes européennes, applicables à toute commande expédiée depuis un pays hors UE. La première taxe est un droit de douane forfaitaire de 3 euros. Applicable depuis le 1e juillet 2025, elle cible les petits colis au prix inférieur ou égal à 150 euros. A celle-ci, s’ajoute désormais une deuxième taxe de deux euros de frais de traitement des douanes. Shein renforce ainsi son hub logistique en Pologne pour contourner au maximum la législation.
42% de ventes de moins en France
« L’impact est immédiat : il y a une chute de leurs ventes en France », constate Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, au micro de Sud Radio. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, évoque effectivement des résultats concrets. « Cette baisse est à considérer en termes de volume et en termes de valeur. » Au mois de juillet, le gouvernement accusait une baisse de fréquentation de 42% pour Shein, 36% pour Temu et 10% pour AliExpress.
500 millions d'euros pour agrandir son hub logistique
Quant à la valeur des colis, elle a diminué de 25% en septembre dernier. Pour parer la dynamique et contourner la législation, les plateformes investissent massivement dans des hubs logistiques et dans des entrepôts situés sur le sol européen. Objectif ? Pouvoir y stocker leurs marchandises et donc, court-circuiter la législation de l’UE.
Concrètement, leurs colis n'ont ainsi plus le statut de « vente à distance depuis un pays tiers » et donc ils échappent en partie à la taxation européenne sur les petits colis. C’est dans ce contexte que le géant Shein a mis sur la table plus de 500 millions d’euros pour développer un immense entrepôt en Pologne, près de Wrocław. Shein prévoit plus de 10 000 employés d’ici fin 2026.
❌ « C’est deux fois la taille de tous les entrepôts Amazon en France ! J’ai vu l’entrepôt le plus grand que je n’aurais pu imaginer » 🗣️ Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, dévoile comment Shein contourne la « taxe petit colis » avec un entrepôt d’un million de m² en Pologne. 📻 https://t.co/G7D0QATuMd
— Sud Radio (@SudRadio) November 6, 2026
Un entrepôt grand comme 150 terrains de foot !
En première ligne face à l’explosion des plateformes asiatiques, Yann Rivoallan s’est rendu sur place pour observer « l'entrepôt le plus grand que je n'avais jamais pu imaginer en e-commerce. » : Près d'un million de mètres carrés. « C’est deux fois la taille de tous les entrepôts Amazon qu'on peut avoir en France et près de 150 terrains de football. »
Et l’affaire est rondement menée : « c'est une véritable fourmilière […] Dans cet entrepôt, il y a près de 330 000 produits. » C’est plus que l’ensemble annuel des références fabriquées par toutes les marques françaises. Malgré tout, les marchandises importées et mises sur le marché européen, restent soumises aux règles de l’UE : TVA, droits éventuels lors de l’importation, sécurité des produits, étiquetage et contrôles. Il s'agit d'une parade pour "limiter" les contraintes, et non pour les effacer totalement.
"Pourquoi l'Europe ne ferme-t-elle pas cet entrepôt ?"
Que fait l’Europe ? Le représentant s’agace alors que « 80% des produits du nouvel entrepôt ne correspondent pas aux normes européennes : Pourquoi l'Europe n'envoie pas des agents pour pouvoir contrôler tous les produits et fermer cet entrepôt ? » Malgré la baisse des ventes observées, Yann craint un retour explosif des enseignes asiatiques car « ils ont surtout arrêté de faire de la pub. Cette baisse n’est pas simplement liée aux taxes. » Une fois les entrepôts rôdés, « ils vont envoyer la sauce. Shein et les autres géant se disent : si on a des entrepôts en Europe, alors on va pouvoir les contrôler et leur faire payer la TVA. »
"Près de 20.000 emplois détruits en 3 ans"
Alors qu’octobre 2026 accuse une baisse « catastrophique » des ventes à cause des fortes chaleurs et des pillages en marge des manifestations, « c’est maintenant ou jamais qu’on doit aider le secteur en allant contre ces plateformes qui, en plus, vendent des produits dangereux, hors normes. » Plus qu’une question de prix, le boom du e-commerce menace directement le commerce de proximité : « C'est près de 20 000 emplois détruits en l'espace de 3 ans. Et ces 20 000 emplois, on ne les retrouvera pas avec la croissance actuelle. »