Les ventes de smartphones reculent en France : au troisième trimestre 2026, les expéditions mondiales de portables ont chuté de 22%. Entre inflation, concurrence avec les data centers et prix exorbitants du neuf, c'est la pire performance tricolore jamais enregistrée par le secteur.
Le marché du neuf particulièrement touché
Si les prix dégringolent, c'est tout d'abord parce que le marché français du smartphone est devenu mature : la très grande majorité des consommateurs possède déjà un appareil. Les achats relèvent donc principalement du remplacement. Alors que l'inflation bat des records, les Français préfèrent le reconditionner ou la seconde main.
Plus un achat prioritaire
Au premier semestre, le coût moyen d’un smartphone neuf a atteint près de 596 €, soit +6,6% sur un an. Face à cela, beaucoup d’utilisateurs gardent leur téléphone plus longtemps, tardant à racheter un modèle neuf. Plus qu'une question de prix, les smartphones ont évolué et les améliorations entre générations paraissent donc, souvent moins décisives qu'avant.
La proportion de Français qui conservent leur téléphone plus de 3 ans a presque doublé, passant de 16% en 2020, à 27% en 2024. En 2026, le dernier modèle, toujours plus hors-de-prix, n'est plus une priorité.
L'IA, grande responsable de la hausse de prix
Environ 2 300 euros pour le dernier Iphone, qui, il y a 10 ans, était à moins de 800 euros : si les clients paient le prix des nouvelles innovations techniques, la vraie responsable, c'est l'IA. Un smartphone moderne dépend de 3 principales familles de semi-conducteurs : le processeur, la mémoire vive DRAM qui permet d’exécuter les applications, et la mémoire de stockage NAND qui conserve photos, vidéos, applications et système d’exploitation.
Or, l’essor de l’intelligence artificielle détourne une ressource précieuse et indispensable à la fabrication d'un téléphone : les mémoires électroniques. Concrètement, les data centers qui font tourner l’intelligence artificielle, ont besoin d’énormément de puces mémoire.
Les grands fabricants privilégient ces mémoires, plus rentables, à celles destinées aux téléphones. Résultat : les composants des smartphones deviennent plus rares et leur prix grimpe. Comme un iPhone haut de gamme contient beaucoup de mémoire et de stockage, cette hausse se traduit directement en caisse.
Les marques d’entrée de gamme en première ligne
Toutes les marques ne sont pas également touchées : Samsung et Apple affichent un recul d’environ 5%, limité par leurs marges plus importantes et leur position sur le haut de gamme. À l’inverse, les fabricants d’entrée de gamme, notamment chinois, subissent une baisse beaucoup plus marquée.
Entre 25 et 30% : leur modèle économique, fondé sur des prix bas et des marges faibles, les rend particulièrement vulnérables à la hausse du coût des composants.
Le marché du reconditionné, grand gagnant
Mais le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres : l’occasion et le reconditionné, eux progressent. 22% des Français utilisaient en 2026 un smartphone d’occasion ou reconditionné, contre 7% en 2018. C'est environ 1,2 milliard d’euros en France, dont 1 milliard d’euros pour le seul reconditionné.
Le marché accuse une hausse de 15% en un an. Un défi de plus pour les fabricants traditionnels qui doivent convaincre les acheteurs, toujours plus attentifs au rapport qualité-prix.