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VivaTech 2026 : la France veut prouver qu’elle reste dans la course mondiale à l'innovation

ENTRETIEN SUD RADIO - Pour sa dixième édition, le salon VivaTech, à Paris, a battu tous ses records. Avec plus de 200.000 visiteurs, 15.000 start-up et des centaines d’intervenants internationaux, l’événement confirme son statut de plus grand rendez-vous européen consacré à l’innovation technologique.

VivaTech 2026 : la France veut prouver qu’elle reste dans la course mondiale à l'innovation
© MSL France

Au-delà des chiffres, cette édition 2026 a mis en lumière les enjeux qui façonnent déjà la prochaine décennie : intelligence artificielle, informatique quantique, souveraineté numérique et transformation du travail.

"Pendant quatre jours, Paris était le centre mondial de la tech, de l'innovation"

Du 17 au 20 juin 2026, à Paris Expo Porte de Versailles, VivaTech a célébré son dixième anniversaire. Le salon a accueilli plus de 200.000 visiteurs issus de 165 nationalités, plus de 15.000 start-up, 4.500 exposants et plus de 1.100 intervenants, confirmant sa place parmi les plus grands événements technologiques mondiaux. Les thématiques de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, du quantique, de l’énergie ou encore de la deeptech ont dominé les débats.

Pour François Bitouzet, directeur général de VivaTech, cette édition constitue une étape majeure dans l’histoire du salon. "C'était une édition record, c'était les 10 ans de VivaTech. En 2016, personne n'imaginait que ça pourrait atteindre un tel succès. On a eu 200.000 visiteurs, 4.500 exposants, 15.000 start-ups et plus de 150 nationalités représentées pendant cet événement. Pendant quatre jours, Paris était le centre mondial de la tech, de l'innovation. Et je pense aussi que ça nous fait du bien, parce qu'il y a en ce moment beaucoup de critiques sur notre niveau dans la course à l'IA, la course à la technologie. On est capables de montrer qu'en Europe, et en France en particulier, on a des talents, on a de très belles start-ups, et on est dans la course !", se félicite-t-il au micro de Sud Radio.

Cette volonté d’affirmer la place de l’Europe dans la compétition technologique mondiale a été l’un des fils conducteurs de l’événement. De nombreuses personnalités de premier plan ont fait le déplacement, parmi lesquelles Jeff Bezos, Bernard Arnault ou encore le Premier ministre indien Narendra Modi.

"Le fait d'être champion, ça ne peut être qu'au niveau de l'Europe"

Selon François Bitouzet, la France dispose déjà d’atouts solides dans plusieurs secteurs stratégiques : "Nous, on est bons. Je sais que par rapport aux Américains et aux Chinois, on est loin. Mais on a des secteurs sur lesquels on est vraiment excellents. Par exemple, l'ordinateur quantique, l'intelligence artificielle, certains secteurs comme l'énergie, la santé… Le problème que nous avons, c'est qu'on a des champions, par exemple comme Doctolib, comme Mistral IA… mais nous ne sommes pas des champions. Parce que ce fait d'être champion, ça ne peut être qu'au niveau de l'Europe, et c'est là où il faut travailler aujourd'hui", estime-t-il à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

Parmi les innovations qui ont marqué cette édition, le directeur général du salon cite notamment une lentille de contact connectée présentée par la start-up XPANCEO ainsi que les avancées dans le domaine de l’informatique quantique. Certaines démonstrations ont illustré le rapprochement progressif entre recherche fondamentale et applications industrielles.

"J'ai eu deux coups de coeur. Le premier, il est infiniment petit, c'est une lentille de contact connectée, sur laquelle vous pouvez avoir des images, des datas. […] Franchement, l'essayer, c'est l'adopter ! Et le deuxième, c'est presqu'une cathédrale scientifique, c'est le fameux ordinateur quantique. […] La tech est donc en mouvement. Je pense que l'erreur qu'il ne faut pas faire, c'est de prendre trop de décisions aujourd'hui sur l'état du monde, parce que ça va tellement vite", estime François Bitouzet au micro de Sud Radio.

"Il faut se battre sur l'enjeu du savoir"

L’intelligence artificielle est restée au cœur des discussions, notamment sur ses conséquences pour l’emploi. François Bitouzet se veut rassurant : "Aujourd'hui, notre sujet en France, c'est la productivité. Notre sujet, ce n'est pas de remplacer les gens par des robots. C'est de leur donner les moyens avec du management, mais aussi avec de la technologie, pour aller plus loin et faire encore mieux leur travail".

Le dirigeant a également insisté sur les défis éducatifs soulevés par l’IA générative, à l'heure où l'Éducation nationale s'apprête à mettre en place un enseignement de l'intelligence artificielle dans les classes de seconde. "Il y a là un sujet absolument clé. Et le sujet n'est pas comment on gère ou pas l'IA dans notre système scolaire - c'est le rapport au savoir […] Donc, il faut se battre sur l'enjeu du savoir", estime-t-il sur Sud Radio.

Enfin, VivaTech 2026 a servi de tribune à une vision européenne de la régulation technologique. "C'est la revanche de l'Europe. Parce que depuis le début de l'IA, les Américains nous disent 'il ne faut pas de régulation, il faut tout laisser faire'. Nous, en Europe, on dit : 'attention, il y a la technologie, et il y a ce à quoi elle sert, et il est nécessaire d'avoir un débat démocratique là-dessus'", a rappelé François Bitouzet.

Dix ans après sa création, VivaTech apparaît ainsi comme bien plus qu’un salon professionnel. À l’heure où la souveraineté numérique et l’intelligence artificielle redessinent les rapports de force mondiaux, l’événement parisien s’impose désormais comme l’une des principales vitrines de l’ambition technologique européenne.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Valérie Expert.

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