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Carburants : l’importation de diesel va-t-elle sauver notre pouvoir d’achat ?

Par Elliott Léonard

DECRYPTAGE SUD RADIO - En déplacement dans le Golfe, Emmanuel Macron a obtenu des engagements de livraison de 200 000 tonnes de diesel supplémentaires par mois auprès des Émirats arabes unis et de Bahreïn, en plus des 95 000 tonnes déjà sécurisées auprès de l’Arabie saoudite. Le but : ne pas manquer de carburant pendant la période hivernale. Mais ressentirons-nous cette différence sur votre portefeuille ?

Benoit Tessier - POOL/AFP

Hier, l’Élysée a annoncé avoir sécurisé de nouvelles livraisons de diesel auprès de deux pays du Golfe : les Émirats arabes unis et Bahreïn. Ces 200 000 tonnes par mois viennent s’ajouter aux approvisionnements déjà négociés avec l’Arabie saoudite, à hauteur de 95 000 tonnes par mois pour octobre et novembre.

Prendre son indépendance vis-à-vis des États-Unis 

Pour la France, sécuriser ces 295 000 tonnes représente un moyen de diversifier ses importations de pétrole. Depuis le début du blocage du détroit d’Ormuz, la France a accru ses importations en provenance des États-Unis, notamment de gaz. Près de 30 % du pétrole brut importé en France vient d’Amérique, tout comme 26 % du gaz naturel liquéfié. La politique de Donald Trump étant plutôt instable vis-à-vis de l’Europe, et particulièrement de la France, mieux vaut sécuriser ses arrières.

L'équivalent de 240 millions de litres de diesel

Ces volumes supplémentaires sont loin d’être négligeables. Selon l’Élysée, les livraisons négociées avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Arabie saoudite représentent 295 000 tonnes de diesel par mois, soit un peu plus de 10 % de la consommation française de ce carburant.

Afin de quantifier ce que représente cette dernière négociation de 200 000 tonnes de diesel, il faut convertir ce volume en litres. On parle donc d’environ 240 millions de litres, sachant que la densité moyenne du diesel est de 0,84 kilogramme par litre. Cela équivaut à presque 5 millions de pleins de 50 litres, soit le réservoir d’une voiture citadine.

« Ça va rassurer les Français. On ne va pas manquer de gasoil en février », a déclaré Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, qui acheminera ces livraisons vers la France.

Une baisse des prix à la pompe... inexistante ?

Ces 295 000 tonnes sécurisées au total chaque mois sont évidemment une bonne nouvelle, puisqu’il ne devrait pas y avoir de pénurie. Cependant, il faut s’assurer que ce diesel est bien disponible et peut être importé en France.

De plus, l’Élysée a indiqué que « quand on apporte plus de volumes, ça aura un effet sur le prix », sans pouvoir « le quantifier ». Sauf que le prix du diesel dépend notamment des cours internationaux du pétrole, dont celui du Brent, actuellement élevé. Il est donc impossible de garantir que le carburant sera vendu à des prix réduits malgré l’augmentation des quantités disponibles. Les coûts de raffinage, de transport et les conditions d’approvisionnement s’ajoutent également au tarif final. Le seul avantage qui pourrait se faire ressentir serait d’éviter une nouvelle hausse des prix dans les semaines à venir.

Le gouvernement mise aussi sur une autre mesure annoncée le 7 octobre par Sébastien Lecornu : le déblocage de stocks stratégiques de pétrole et de gazole, à hauteur de 10 millions de barils. Le Premier ministre avait annoncé que, dès le 1er novembre, avec la libération des premiers barils, une baisse de « 12 à 18 centimes par litre » se ferait ressentir à la pompe.

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