Les images ont marqué les esprits : des paysages calcinés, des forêts entières réduites en cendres, et une question qui revient sans cesse depuis cet été, celle du sort réservé aux animaux sauvages pris au piège des flammes. Plusieurs pétitions, rassemblant des dizaines de milliers de signataires, dénoncent un véritable massacre de la biodiversité dans les zones touchées par les incendies en Gironde et dans les Landes. Une thèse fermement contestée par Régis Hargues représentant de la Fédération des chasseurs des Landes, interrogé sur Sud Radio.
Une "désinformation" alimentée par l'émotion, selon un responsable de la chasse
D'emblée, Régis Argue reconnaît que le sujet touche une corde sensible chez les Français. Mais il pointe du doigt les méthodes de certaines associations militantes, qu'il accuse d'exploiter l'émotion à leur avantage, parfois à l'aide d'images trompeuses. « On a ces associations qui travaillent admirablement bien dans cette stratégie de faire passer une émotion à leur avantage, souvent en utilisant en plus de fausses informations », estime le Directeur de la Fédération Départementale des Chasseurs des Landes au micro de Sud Radio.
Il évoque notamment des visuels générés par intelligence artificielle, présentés à tort comme des preuves des dégâts causés par les incendies et la sécheresse. « On a dénoncé des quantités d'images créées avec l'intelligence artificielle qui n'avaient rien à voir, notamment avec les incendies, avec les sécheresses, etc... » déclare Régis Hargues. Pour lui, le débat écologique mérite plus de nuance : la réalité ne serait "jamais noir ou blanc", et dépendrait largement de l'espèce animale concernée.
Amphibiens et reptiles sinistrés, gibier épargné
Selon Régis Hargues, toutes les espèces n'ont pas été affectées de la même manière par les incendies. Les amphibiens, reptiles et insectes, peu mobiles, n'auraient pas pu échapper aux flammes et auraient effectivement payé un lourd tribut. « Si on parle des amphibiens, si on parle des reptiles, si on parle des insectes, ces animaux-là n'avaient pas les capacités de mobilité suffisantes pour fuir, donc eux effectivement ont payé en lourdes tribus à ces incendies », décrit Régis Hargues au micro de Jacques Cardoze. En revanche, les animaux visés par les associations anti-chasse — sangliers, cerfs, renards, martres, fouines ou oiseaux — auraient très largement réussi à fuir les zones sinistrées.
Comme élément à l'appui, il cite les centres de soins de la faune sauvage situés dans les deux départements les plus touchés : un centre dans les Landes et un centre géré par la LPA en Gironde. Le nombre d'animaux recueillis y serait resté extrêmement limité : aucun dans les Landes, et seulement quelques chevreuils en Gironde.
Interrogé plus précisément sur le sort des oiseaux, souvent cités parmi les grandes victimes supposées des incendies, Régis Hargues balaie l'argument : capables de voler, ils auraient pu s'échapper massivement des zones en feu. Il affirme également qu'aucun charnier ni aucune accumulation de cadavres d'animaux n'a été retrouvé dans les secteurs brûlés. "Les oiseaux ont pu s'échapper de ces zones. On n'a pas trouvé de charniers dans les zones brûlées, on n'a pas trouvé d'animaux morts", explique le représentant de la fédération des chasseurs des Landes.
Des comptages nocturnes menés dix jours après les incendies
Pour étayer ses propos, le responsable évoque une opération de comptage de la faune mise en place par la Fédération des chasseurs des Landes, dix jours après que les incendies ont été considérés comme éteints. Ces circuits nocturnes, menés dans des zones habituellement suivies par la fédération, auraient permis de comparer la présence animale post-incendie avec les données récoltées l'hiver précédent, en conditions normales.
Résultat, selon lui : aucune différence significative de présence de la faune n'aurait été constatée. « Il y a eu effectivement un petit peu d'émulation sur quelques animaux recueillis, mais en fait très peu d'animaux. Dans le département des Landes, il y en a eu zéro. Et en Gironde, ce n'est pas le chiffre exact, mais on parle de quelques chevreuils », annonce Régis Hargues, de la Fédération des chasseurs des Landes
La chasse suspendue uniquement dans les zones brûlées
Interrogé sur la tenue de la chasse dans le Sud-Ouest dans les semaines à venir, Régis Argue confirme que l'activité reste suspendue dans les zones effectivement brûlées, mais qu'elle se poursuit normalement ailleurs.
Quant aux dizaines de milliers de signataires des pétitions, il se dit compréhensif envers les citoyens, mais réserve ses critiques les plus vives aux associations militantes, qu'il accuse de viser plus largement le monde rural — chasseurs, agriculteurs et sylviculteurs compris. « Je suis beaucoup plus virulent envers ces associations militantes qui ne visent qu'un seul objectif, c'est d'avoir des actions néfastes sur la ruralité. Je choisis mes mots sur la ruralité, parce qu'il n'y a pas que les chasseurs, il y a les agriculteurs, il y a les sylviculteurs », conclut le chasseur.