Cela fait cinq siècles maintenant que la géopolitique flirte avec la drogue et le narcotrafic. Comme si ce fléau avait toujours fait partie de l’humanité. Pas pour le meilleur. Mais certainement pour le pire.
De la drogue historique au narcotrafic
L’aventure du narcotrafic remonte à la nuit des temps. Il a pris son temps pour s’organiser au point de ressembler aujourd’hui à une toile d’araignée très bien organisée. Et que son imbrication avec l’univers politique et économique rend difficile à démonter. "Les stupéfiants sont connus depuis 5 000 ans avant Jésus Christ pour certains d’entre eux. Mais ils n’étaient pas utilisés dans un trafic, ni comme un produit addictif qui gangrénait une population" explique le journaliste Benjamin Sire au micro de Sud Radio.
"Sont arrivés d’autres produits, qui bien que légaux, sont devenus addictifs. Comme le café par exemple. Le sucre. Le thé, qui a ruiné le Royaume-Uni, qui s’est mis à commercer de l’opium" ajoute-t-il au micro de Sud Radio. "Il y a eu un vraie bascule dans les années 80 avec l’explosion de la cocaïne, à partir du moment où la mafia américaine s’en empare. Et c’est là que ça va prendre un tournant géopolitique" lance-t-il encore.
L’ambiguïté de certains États dans la géopolitique de la drogue
Aujourd’hui, c’est l’explosion. Avec le rôle ambiguë de certains États qui franchissent certaines limites. Comme les Etats-Unis. "Trump va chercher Maduro au prétexte du narcotrafic. Il le ramène. Et on s’aperçoit qu’il n’est plus question de narcotrafic sur place à partir du moment où les licences pétrolières ont été remises aux compagnies américaines. Pendant ce temps-là, le même Donald Trump que l’on a vu bombarder des bateaux de narcotrafic, il donne l’absolution en faisant libérer le précédent président du Honduras, condamné à 45 ans de prison pour avoir participé à un narcotrafic qui avoisine plusieurs centaines de millions de dollars" explique Benjamin Sire.
S’agissant de la France, la "french connexion" se porte au mieux. "D’après les derniers rapports, on était l’an dernier à six milliards d’euros. On est face à quelque chose qui relève de l’entreprise et de la logique d’entreprise. Avec une offre et une demande" lance Jean-Michel Vergne, journaliste d’investigation. "Quand on fait ces estimations, c’est toujours sur la base des saisies. Or ce n’est que la partie visible. Ces chiffres-là prennent des pourcentages colossaux d’une année sur l’autre" conclut Benjamin Sire.
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