Déjà paralysé depuis le début du conflit régional, le détroit d’Ormuz redevient le cœur incandescent des tensions entre Washington et Téhéran. Selon plusieurs médias américains, dont CBS et CNN, l’Iran aurait commencé à y déposer des mines navales, une manœuvre qui pourrait bouleverser l’équilibre énergétique mondial. Par ce passage long de 50 kilomètres transitent chaque jour près de 20 % des exportations mondiales de pétrole. Autant dire que la moindre perturbation y résonne comme un séisme sur les marchés.
L’information proviendrait directement des services de renseignement américains. D’après leurs évaluations, les forces iraniennes utiliseraient de petites embarcations capables d’emporter deux à trois mines chacune. Le minage serait encore limité mais bel et bien engagé : une dizaine d’engins explosifs auraient déjà été posés ces derniers jours, signe d’une stratégie graduelle plutôt que d’un blocage brutal.
Les Etats-Unis promettent une riposte « vingt fois plus forte »
Face à ces révélations, Donald Trump n’a pas tardé à hausser le ton. Sur son réseau social, le président américain a averti que toute entrave au transport pétrolier dans le détroit entraînerait une riposte « vingt fois plus forte » que les actions menées jusqu’ici. Une menace calibrée pour dissuader Téhéran, mais qui contribue aussi à tendre un peu plus une région déjà au bord de l’embrasement.

Un arsenal de 5000 mines
L’Iran dispose d’un arsenal estimé à environ 5 000 mines, un volume suffisant pour transformer Ormuz en piège maritime. Plusieurs experts militaires, dont un ancien commandant en chef des forces de l’Otan, soulignent que des opérations de déminage massives pourraient durer plusieurs mois, d’autant que les affrontements dans la zone compliqueraient toute intervention internationale.
Au-delà de l’enjeu militaire, c’est l’économie mondiale qui retient son souffle. Une fermeture prolongée du détroit provoquerait une flambée des prix du pétrole, fragiliserait les chaînes d’approvisionnement et accentuerait les tensions géopolitiques déjà exacerbées par le conflit en cours. Le minage d’Ormuz, arme du désespoir ou stratégie calculée, pourrait ainsi devenir l’un des tournants majeurs de la crise.