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Francis Pascaud, ancien agriculteur : "Ma leucémie est due aux pesticides"

TÉMOIGNAGE SUD RADIO - Exposé pendant des années aux pesticides sans protection, Francis Pascaud, ancien agriculteur, voit sa vie basculer en 2024 avec l'annonce d'une leucémie. Un récit choc.

Agriculteurs / Vignes
Ancien agriculteur en polyculture, élevage et vigne, installé depuis 1975, Francis Pascaud témoigne de son exposition prolongée aux pesticides sans protection.

Ancien agriculteur en polyculture, élevage et vigne, installé depuis 1975, Francis Pascaud témoigne au micro de Sud Radio de son exposition prolongée aux pesticides sans protection. En 2024, une leucémie lui est diagnostiquée, reconnue quelques mois plus tard comme liée aux produits phytosanitaires.

Pris en charge, accompagné par l'association Phyto-victimes, et indemnisé par la MSA (sécurité sociale agricole), il revient aujourd'hui sur les conséquences de la maladie et alerte sur les précautions essentielles pour les agriculteurs.

"Un agriculteur, c'est dur au mal"

Après plusieurs examens, vous avez appris que vous étiez atteint d'une leucémie. Quels sont les premiers symptômes qui vous ont alerté ?

Les premiers symptômes ont commencé en 2023. J'étais très fatigué, je transpirais beaucoup. La fatigue était vraiment intense. Je pouvais à peine respirer et je marchais difficilement. Je devais m’arrêter plusieurs fois sur de courtes distances. Par exemple, pour 500 mètres, il fallait que je m'assoie au moins trois ou quatre fois. Mais vous savez, un agriculteur, c'est dur au mal… Alors j'ai attendu avant d'aller voir un médecin.

"J'ai choisi de me faire soigner"

Finalement, vous consultez et vous êtes hospitalisé en urgence à Angoulême. Vous vous souvenez du moment où le diagnostic est tombé ?

J'étais hospitalisé à l'hôpital de Girac depuis une quinzaine de jours. Le médecin m'avait fait toute une série d'analyses et voyait bien qu'il y avait un problème dans le sang. Un matin, il est entré dans ma chambre et m'a dit : "J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle."Je lui ai répondu : "Je m'en doute… Commencez par la mauvaise"

Il m'a alors annoncé : "Vous avez une leucémie." Il m'a expliqué que je pouvais soit me faire soigner, soit rester comme ça, avec des transfusions régulières toutes les deux ou trois semaines. J'ai choisi de me faire soigner.

"Ma maladie est reconnue comme étant liée aux produits phytosanitaires"

Dans la foulée, le lien avec les pesticides que vous avez utilisés pendant des années est évoqué. Comment a-t-il été établi ?

Le médecin de Girac m'a orienté vers une hématologue à Poitiers. J'y suis allé le 20 mai 2024. Là, elle m’a fait passer une nouvelle série d'examens, avec de nombreuses prises de sang... J'en ai eu 16 d'affilées. Ensuite, il a fallu attendre environ un mois pour obtenir les résultats, qui ont été analysés au CHU de Limoges. Au bout de ce délai, le diagnostic est tombé : la maladie a été reconnue comme étant liée aux produits phytosanitaires.

On entend souvent dire que le parcours pour être indemnisé est long et compliqué. Vous avez obtenu cette reconnaissance : cela a-t-il été difficile ?

Ça n'a pas été facile. Heureusement, j’ai été accompagné par l'association Phyto-victimes, qui a pris en charge mon dossier et m'a beaucoup aidé. Ils ont fait un travail remarquable. Avec eux, nous avons constitué un dossier solide, en fournissant de nombreux documents. J'ai également passé des examens au CHU de Bordeaux, au service de médecine environnementale.

Ces expertises ont permis d'établir les certificats nécessaires pour appuyer ma demande d'indemnisation. Ils ont aussi assuré le suivi de mon dossier. C'est un parcours très complexe. Ma maladie a été reconnue comme maladie professionnelle le 24 mars.

"On ne peut pas faire autrement que utiliser des pesticides"

Quel message souhaitez-vous faire passer aux agriculteurs qui nous écoutent et qui utilisent encore des pesticides ?

On ne peut pas toujours faire autrement. Sans traitement, on ne récolte plus rien. Mais le message que je veux faire passer est simple : il faut absolument se protéger. Utiliser des équipements adaptés, porter des tenues de protection adéquates et respecter scrupuleusement les doses.

Ce sont des gestes simples, mais essentiels, car les conséquences peuvent être très graves. Il faut vraiment faire très attention à ces produits.

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