Donald Trump est-il toujours un allié de l’Union européenne après sa menace contre le Groenland ? Pour Emma Rafowicz, députée européenne PS, la question est vite ''répondue'' : « Les États-Unis ne sont plus des alliées, ni pour l’Europe ni pour la France ». Elle explique au micro de Sud Radio que « Donald Trump est aujourd’hui le représentant d’un changement de positionnement des États-Unis », estimant que Washington ne se comporte plus comme un allié mais comme un acteur prêt à s’attaquer directement aux intérêts européens.
« Le plus grand danger aujourd’hui pour l’Europe et pour la France, c’est de se comporter en autruche », avertit la députée européenne, pour qui croire que « nous pourrions échapper au sort que Donald Trump veut faire à l’Europe » relèverait d’un déni de réalité.
« Sans les États-Unis, la guerre en Ukraine serait finie et pliée »
Face à elle, Philippe Karsenty, porte-parole du Comité Trump France, affirme que les États-Unis restent des alliés indispensables aux intérêts européens. « Sans les États-Unis, la guerre en Ukraine serait finie et pliée », estime-t-il. Au-delà de son aide, Trump pourrait même être « le dernier président américain qui aime l’Europe » d’après lui.
Ainsi, Donald Trump ne rompt pas avec l’Europe mais cherche à la réveiller. Il évoque notamment le discours de J.D. Vance en février 2025, où le vice-président américain avait enfoncé l’Europe par toutes les portes. Selon lui, cette rupture avec le Vieux continent était en réalité « une déclaration d’amour à l’Europe » qui signifiait : « Réveillez-vous, vous êtes totalement en train de vous effondrer ! ».
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« L’Europe est toujours puissante aujourd’hui »
Mais Emma Rafowicz refuse l’idée d’une Europe condamnée à l’impuissance. La députée socialiste affirme que « l’Europe doit être forte et résister », soulignant que « nous avons les moyens d’agir et d’être forts. La faiblesse n’est pas une évidence, même si certains voudraient nous y obliger » estime-t-elle. Emma Rafowicz explique même que « l’Europe est toujours puissante aujourd’hui » et que « c’est bien pour cela que l’on nous attaque ».
Mais le point de vue de Philippe Karsenty est radicalement différent. Il affirme que « l’Europe est totalement impuissante » contestant toute capacité d’action de l’UE. « Économiquement, non, on ne fait pas le poids » estime-t-il avant de tourner en dérision le discours sur la force européenne : « 450 millions d’Européens soi-disant si puissants qui demandent à 330 millions d’Américains de venir les aider ». C’est dans ce contexte qu’il assure que « Donald Trump est le Viagra de l’Europe ».
« Tout pourrait s'arrêter, y compris l'OTAN »
Sur le sujet du Groenland, plus que jamais courtisé par Trump, Emma Rafowicz le prévient : « Si les États-Unis attaquaient militairement un membre de l’OTAN, alors tout s’arrête, y compris l’OTAN ». Mais selon elle, cette prise de liberté met en évidence un problème bien plus large : « Ce que menace de faire Donald Trump aujourd’hui sur le Groenland, c’est une porte ouverte laissée à toutes les puissances internationales », ajoutant que cela revient à dire que « le monde peut se dessiner comme moi j’ai envie de le faire ».
De son côté, Philippe Karsenty affirme que « le Groenland est une colonie danoise » et soutient qu’« il y a aujourd’hui une forte volonté indépendantiste au Groenland ». Il précise que « ça ne veut pas dire que ça se fera, mais l’état politique actuel au Groenland n’est pas un amour démesuré vis-à-vis du Danemark ». Le porte-parole du Comité Trump France laisse donc entendre que les États-unis pourraient donc prendre le contrôle du Groenland sans passer par la force ou la contrainte.
« Heureusement qu’il y a Donald Trump sur Terre »
Pour Emma Rafowicz, la puissance européenne passera d’abord par le droit et la régulation. Elle dénonce « les menaces régulières de Donald Trump et de l’administration américaine sur nos régulations, sur nos droits, sur nos valeurs ». Elle estime qu’« accepter le chantage que nous fait Donald Trump sur certaines régulations européennes est une forme de capitulation ». Emma Rafowicz conclut ensuite contre la banalisation de la brutalité : « Exalter une forme de brutalité partout en politique plutôt que le droit, ce n’est pas acceptable ».
Philippe Karsenty affirme, lui, que « l’Europe n’est pas une force de paix » et qu’elle a « montré son incapacité à faire cesser la guerre en Ukraine » comme « son incapacité à faire cesser la guerre entre le Hamas et Israël ». À l’inverse, il revendique l’efficacité du rapport de force : « C’est la force, c’est la puissance qui permet de dissuader l’adversaire. Heureusement qu’il y a Donald Trump sur Terre pour calmer les choses ».