C’est l’homme qui valait 15 millions de dollars. Recherché au Mexique et aux États-Unis pour trafic de drogue, viol sur mineur, implication dans le crime organisé et détention illégale d’armes à feu, "El Mencho", de son vrai nom Nemesio Oseguera Cervantes, créateur du cartel de Jalisco Nueva Generación (CJNG), a été tué dimanche lors d’une opération militaire. Considéré comme l’un des plus importants barons de la drogue, le parrain mexicain de 59 ans était responsable de la coordination d’opérations de trafic de drogue à travers toute l’Amérique latine, mais aussi en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie. Le dernier des "gros bonnets" mexicains, qui avait dédié sa carrière au crime.
Expulsé des Etats-Unis puis chef des tueurs à gages
Avant d’être à la tête de l’un des cartels les plus puissants au monde, El Mencho, né en 1966, était le fils d’une famille pauvre du Mexique, dans la région du Michoacán, un endroit réputé pour sa prolifération de plantations de cannabis. En 1980, celui qui est alors un jeune homme embarque pour les États-Unis, où il débute sa carrière de voyou. Il sera condamné pour trafic d’héroïne et expulsé du pays après avoir purgé sa peine. Après une brève tentative pour devenir policier, il retombe très vite dans le crime et rejoint le Cartel del Milenio, dont il sera évincé en raison de luttes internes. Dans cette structure du crime organisé, il occupait le rang de chef des tueurs à gages.
Le dernier parrain du Mexique
Après l’arrestation au pays de l’Oncle Sam des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquín Guzmán et Ismael Zambada, "El Mencho" fonde son organisation. En 2009, il quitte son État natal pour le Jalisco, où il va lancer les Mata Zetas, qui seront rebaptisés quelque temps plus tard Cartel Jalisco Nueva Generación. Ce nouveau gang va vite devenir l’un des plus violents du pays à mesure que lui va devenir l'un des parrains les plus en vue du pays.
.@JphTanguy : "Je suis consterné par la situation, quand je pense qu'on a eu un record de participation. On se retrouve sans gouvernement, avec un Nouveau Front Populaire qui révèle qu'il a fait un cartel électoral pour gagner des sièges mais qu'il n'y a rien derrière" pic.twitter.com/Ix0TAZL6zF
— Sud Radio (@SudRadio) July 23, 2024
Plus de 450.000 morts depuis 2006
Parmi ses faits d’armes les plus connus, le cartel d’El Mencho s’était notamment illustré en 2011 en signant l’un des massacres les plus symboliques de ces dernières années, laissant 35 cadavres de policiers et militaires derrière lui. Le 20 juin 2020, il lance également une attaque sans précédent contre l’actuel secrétaire fédéral à la Sécurité publique, Omar García Harfuch, alors chef de la police de la capitale, blessant celui-ci. Trois personnes avaient trouvé la mort, dont deux gardes du corps. Avec cette violence décomplexée et sans hésiter à s’en prendre à l’État, le CJNG devient vite l’un des cartels les plus puissants du Mexique, surtout après la chute du gang de Sinaloa. En tout, cette organisation aurait fait, depuis 2006, plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus.
Le pays bascule dans la guérilla urbaine
Comme un symbole de cette violence systémique, depuis la mort d’El Mencho, le Mexique se retrouve aujourd’hui dans une véritable guérilla urbaine. Des affrontements entre narcos et militaires ont éclaté dans au moins 8 des 32 états. Sur de nombreuses vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, plusieurs magasins et autobus apparaissent en flammes, des routes sont également coupées et des aéroports fermés. La France a appelé ses ressortissants à “la plus grande prudence” dans les zones concernés.