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Blocus d'Ormuz : 24 heures après, le dispositif américain ne tient qu'à un fil

Par Elliott Léonard

Entré en vigueur hier après-midi, le blocus naval ordonné par Donald Trump après l'échec des négociations avec l'Iran peine déjà à s'imposer. Au moins trois pétroliers ont franchi le détroit dans les premières heures. La Chine, en arrière-plan, semble être le véritable enjeu.

Détroit d'Ormuz / Blocus américan / Iran

Depuis le 28 février et le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le détroit d'Ormuz est devenu l'arme économique de Téhéran. En bloquant ce passage par lequel transite 20% du pétrole mondial, l'Iran a provoqué un choc énergétique planétaire, avec aujourd’hui plus de 170 millions de barils immobilisés dans le Golfe.

Trump : « On ne peut pas laisser un pays faire du chantage au monde entier. »

Dimanche, l'échec des pourparlers organisés au Pakistan - médiateur entre les deux camp - a poussé Donald Trump à la surenchère. Via Truth Social, il a annoncé un blocus naval du détroit, menaçant de « pulvériser » quiconque tirerait sur des navires américains ou pacifiques. Il a également précisé : « On ne peut pas laisser un pays faire du chantage au monde entier. » L’armée a indiqué le lendemain qu'il s'agissait d'un blocus ciblé des seuls ports iraniens, avec plus de quinze navires de guerre déployés aux deux extrémités du détroit.

La mise en œuvre reste pourtant floue puisqu’aucun précision n’a été donnée quant aux moyens concrets déployés. Et cette nuit, au moins trois pétroliers ont franchi le détroit sans être interceptés — dont le Rich Starry, un tanker chinois sous sanctions américaines transportant 250 000 barils de méthanol chargés aux Émirats arabes unis.

La Chine au coeur des enjeux

C'est là que réside le véritable nœud diplomatique. La Chine, premier importateur de pétrole iranien, souffre autant du blocage iranien que du blocus américain. Mais moyennant quelques millions de dollars et de « bonnes relations » avec l'Iran, la Chine est parvenue à débloquer la situation. Pour Trump, c'est précisément ce levier qu'il chercherait à actionner : forcer Pékin à peser sur Téhéran pour obtenir un accord. Il y a aussi l'idée de contrôler le pétrole qui arrive ou non en Chine. 

« Nous ne pouvons laisser le monde retourner à la loi de la jungle », a souligné Xi Jinping, le président chinois, qui est resté extrêmement discret depuis le début du conflit. De son côté, l'Iran a qualifié le blocus de « piraterie » et a menacé de s'attaquer aux ports de ses voisins du Golfe en représailles.

Un blocus « mou et lent »

Pour le colonel Peer De Jong,  cofondateur de l’institut Themiis et spécialiste des questions de défense, ce blocus est un « modèle mou et lent ». Et d'échafauder trois hypothèses pour la suite à venir : « La première, il ne se passe rien, les négociations commencent, ce n'est pas impensable. La deuxième, c'est une sorte d'accrochage, mais sans tir de missiles, sans rien du tout. Puis la troisième qui est l'hypothèse haute, c'est qu’il y ait des vedettes iraniennes qui sortent de leur cachette, ou des bateaux, et qu’à ce moment-là, les Américains les détruisent ». Réponse dans les heures ou jours à venir, à n'en pas douter.

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