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Les retraités prêts à faire un effort… mais à quel prix ?

TÉMOIGNAGES SUD RADIO - Selon un sondage Ifop publié en avril, 52 % des retraités se disent prêts à accepter une baisse de leur pension pour contribuer au redressement des finances publiques. Mais qu'en est-il vraiment ? Les intéressés témoignent avec force au micro de Sud Radio.

Si l'on en croit un sondage paru ce mois-ci, une majorité de retraités se dit prête à rogner sur ses revenus, dans un pays où la retraite a longtemps été perçue comme un acquis intangible. Sur le papier, c'est une forme de résignation collective mais quand on tend le micro de Sud Radio, le récit change immédiatement de tonalité.

Caroline : “Je mange un jour sur trois

“Ma retraite est de 960 euros, quand j'ai payé l'électricité, il me reste 752 euros de loyer sans APL possible. Je mange un jour sur trois. À savoir que je suis diabétique, j'ai des problèmes de santé importants. Je ne peux plus me payer le mutuel. Voilà la vie des retraités à qui on veut encore en retirer de l'argent.”

J'ai toujours travaillé, je n'ai jamais regardé mes heures. Et quand Sarkozy a dit, travailler plus pour gagner plus, je peux vous dire que je comptais encore moins mes heures. J'ai élevé seule mes deux enfants, et je travaillais tellement que mon corps a lâché. J'ai fait un terrible burn-out. J'ai été hospitalisée pendant deux ans, je ne pouvais plus parler, plus marcher.”

“Et puis on m'a mis en invalidité, et j'ai dû élever mes enfants avec ma pension d'invalidité. Et donc le fait de se retrouver en invalidité, vous ne cotisez pas comme vous devez cotiser. Moralité, depuis le 1er septembre, je vivote.”

Pascal : “Ce n'est pas avec 614 euros qu'on peut s'en sortir

“Je suis retraité et depuis 1996, j'étais conjoint collaborateur de mon épouse, On m'a fait sauter 15 ans de cotisation, parce que j'étais conjoint collaborateur et auto-entrepreneur. Quand vous êtes conjoint collaborateur, on ne vous dit pas que ça ne compte pas pour la retraite.”

“Malheureusement, on a été très mal conseillé par un comptable, et on se retrouve le bec dans l'eau, à 65 ans, à toucher 614 euros de retraite. Et je ne me plains pas, j'ai été augmenté de 14 euros depuis février.”

“Je suis avec mon épouse qui continue à travailler. Et moi, je continue aussi à travailler comme auto-entrepreneur dans les petits travaux. Parce que ce n'est pas avec 614 euros qu'on peut s'en sortir. Et mon épouse est auxiliaire de vie, donc elle ne gagne pas beaucoup plus. C'est malheureux, mais l'État nous oblige à tricher.”

Flavie : Du jour au lendemain, plus de revenus, plus rien

“Il y a deux ans, on m'a mise à la retraite d'office, c'est-à-dire que je n'ai pas eu le choix. Comme j'ai une reconnaissance de travailleur handicapé, le médecin de la médecine du travail m'a mise inapte à tout poste dans l'entreprise.”

“La CARSAT me dit : comme vous avez 62 ans, on vous met à la retraite parce que vous êtes inapte à tout poste. Du jour au lendemain, plus de revenus, plus rien. Parce que quand on vous met à la retraite d'office, vous ne pouvez même plus prétendre à vos droits au chômage."

“Je me suis retrouvée obligée de demander le RSA, parce que du jour au lendemain, je n'avais plus de travail. Ça fait 1 000 euros. Et donc là, pendant 18 mois, j'ai cumulé emploi et retraite dans une autre boite. Mais avec ce travail, je suis devenue imposable, c'est démoralisant

Philippe : “C'est scandaleux que des gens viennent nous faire la leçon

“Moi je fais partie des gens qui n'ont pas de problème particulier avec la retraite. J'ai une retraite plutôt confortable avec 3 300 euros de retraite avant impôt. Mais je suis prêt encore à faire un effort.

“Avant de toucher aux gens qui ont une retraite confortable, j'aimerais que les politiques fassent un effort. Notamment tous ceux qui ont cumulé des retraites du Conseil d'État, en tant que ministre ou député.”

Qu'ils montrent l'exemple, et surtout qu'ils arrêtent d'alimenter la guerre entre les boomers et les jeunes générations. C'est scandaleux que des gens viennent nous faire la leçon et ne fassent rien pour désendetter la France. Avant de toucher aux retraites, il faudrait déjà augmenter celles des personnes qui étaient là avant moi.”

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