Voici les principales réactions internationales:
- Chine
La Chine a appelé dimanche Washington "à garantir la sécurité personnelle du président Nicolas Maduro et de son épouse, à les libérer immédiatement et à cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela", dans un communiqué des Affaires étrangères, qui qualifie leur capture et exfiltration de "violation flagrante du droit international".
La veille, Pékin s'était dit "profondément choqué" par "le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain" et avait dénoncé un "comportement hégémonique des Etats-Unis (qui) viole gravement le droit international" et "menace la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes".
- ONU
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est inquiété "que le droit international n'ait pas été respecté", déplorant un "dangereux précédent" et appelant "tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l'homme et de l'Etat de droit".
- Colombie -
La Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela.
Le président colombien, Gustavo Petro, proche de Nicolas Maduro, a qualifié les actions de Washington d'"atteinte à la souveraineté" de l'Amérique latine et déclaré qu'elles entraîneraient une crise humanitaire.
M. Petro a demandé une réunion "immédiate" de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de l'ONU sur la "légalité internationale" de cette "agression".
- Brésil -
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a condamné samedi une "grave atteinte à la souveraineté du Venezuela", estimant que "les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassaient les limites de l'acceptable" et menaçaient "la préservation de la région en tant que zone de paix".
Il a également exhorté sur X la communauté internationale, par l'intermédiaire des Nations unies, à "répondre vigoureusement" à ces attaques.
- Mexique -
Le Mexique a condamné samedi les bombardements menés "unilatéralement" par les Etats-Unis contre le Venezuela, avertissant que toute "action militaire met(tait) gravement en péril la stabilité régionale".
- Argentine -
A l'inverse, les frappes américaines ont été saluées par un tonitruant "La liberté avance, vive la liberté, bordel !" du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
- Equateur -
Le président de l'Equateur, Daniel Noboa, s'est également réjoui de la chute de M. Maduro: "l'heure est venue de reprendre possession de votre pays", a-t-il lancé sur X aux figures de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez Urrutia, ainsi qu'au "peuple vénézuélien".
- Russie -
"Ce matin, les Etats-Unis ont commis un acte d'agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que "l'hostilité idéologique avait triomphé du pragmatisme économique".
Le Venezuela est le principal allié de Moscou en Amérique du Sud.
- Iran -
"Le ministère iranien des Affaires étrangères condamne fermement l'attaque militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale du pays", a indiqué dans un communiqué la diplomatie iranienne, fustigeant "l'agression illégale des Etats-Unis", ennemi de la République islamique. L'Iran entretient des liens étroits avec le Venezuela.
- Turquie -
Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé samedi toutes les parties à la retenue, "afin d'éviter que la situation actuelle n'ait des conséquences néfastes pour la sécurité régionale et internationale".
- UE -
L'Union européenne a appelé samedi au respect du droit international au Venezuela et rappelé son attachement à une transition démocratique et pacifique.
Sur X, la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a dit avoir appelé à la "retenue", lors d'un échange au téléphone avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
"Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies", a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, également sur X.
- Royaume-Uni -
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a rappelé samedi que tous les pays devaient "respecter le droit international", soulignant que Londres n'avait "pas participé" à l'opération américaine et à la capture du président Maduro.
Il a annoncé des discussions avec Washington "dans les jours à venir" sur le sujet.
"Le Royaume-Uni soutient depuis longtemps une transition du pouvoir au Venezuela. Nous considérons Maduro comme un président illégitime et nous ne verserons pas de larmes sur la fin de son régime", a déclaré le dirigeant britannique dans un communiqué.
- France -
La président français, Emmanuel Macron, a appelé samedi, sur X, à une "transition pacifique" et "démocratique" au Venezuela, en évoquant la fin de la "dictature Maduro".
Il a plaidé pour que la transition, "respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien", soit assurée "au plus vite" par Edmundo González Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle 2024.
- Espagne -
Le gouvernement espagnol "ne reconnaîtra pas (...) une intervention qui viole le droit international", comme elle n'avait pas reconnu le régime de Nicolas Maduro, a déclaré sur X le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
L'intervention américaine "pousse la région vers un horizon d'incertitude et de bellicisme", a ajouté le dirigeant socialiste, appelant à une transition "juste et dans le dialogue".
- Allemagne -
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a jugé que Nicolas Maduro avait "conduit son pays à la ruine", et "joué un rôle problématique dans la région", notamment en "impliquant le Venezuela dans le trafic de drogue". L'Allemagne n'a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, "truquées", a rappelé M. Merz.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a à "chercher une voie vers une solution politique", rappelant que "les normes légales internationales (devaient) être respectées".
- Pologne -
"Un événement comme l'attaque américaine (...) contre le Venezuela affecte le monde entier ; nous réagirons et nous nous préparerons à cette nouvelle situation", a assuré le Premier ministre, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse.
- Italie -
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé "légitime" l'opération américaine, la qualifiant "d'intervention défensive", tout en soulignant qu'une "action militaire extérieure n'est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires".
- Grèce -
"Nicolas Maduro a dirigé une dictature brutale et répressive qui a infligé des souffrances inimaginables au peuple vénézuélien", a estimé dimanche le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, évoquant "un nouvel espoir pour le pays".
- Ukraine -
Sans évoquer expressément l'opération américaine, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a dénoncé les "crimes généralisés, la violence, la torture, l'oppression et la violation de toutes les libertés fondamentales" dont s'est rendu coupable le "régime Maduro", principal allié en Amérique du Sud de Moscou.
- Afrique du Sud -
L'Afrique du Sud a qualifié l'opération américaine de "violation manifeste de la Charte des Nations unies", estimant que cette façon d'utiliser "unilatéralement la force" était "illégale" et "min(ait) la stabilité de l'ordre international".
- Israël
Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, Israël s'est "félicité de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue" et a salué un "moment historique", estimant que Donald Trump avait "agi en tant que leader du monde libre".