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Carburants : « Jusqu’à 700 euros de plus par mois », l’équation impossible des taxis

Entre ruptures de stocks records et flambée des prix, les chauffeurs de taxi voient leurs charges exploser. Sur Sud Radio, Mohamed, taxi parisien, détaille une hausse pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par mois, mettant en péril la rentabilité d’une profession déjà fragilisée.

Carburants : « Jusqu’à 700 euros de plus par mois », l’équation impossible des taxis

2,32€ le litre de Gazole ou 2,01€ pour le SP95. Ce lundi, à l’issue du week-end de Pâques, les prix du carburant ont atteints des sommets jamais vus depuis plus de 40 ans. Dans un contexte déjà tendu, cette explosion du prix du carburant est un choc direct sur l’activité des chauffeurs de taxi.

« 200 euros de frais supplémentaires par mois »

Pour Mohamed, chauffeur de taxi à Paris, l’impact est immédiat et chiffrable. « C’est un coût supplémentaire pour travailler. J’ai fait le calcul hier, je suis à autour de 200 euros par mois supplémentaires », explique-t-il au micro de Sud Radio. Un surcoût déjà conséquent, mais qui aurait été bien plus élevé sans adaptation de son activité : « Si j’étais resté avec mon ancien véhicule diesel, j’aurais été autour de 600 à 700 euros par mois supplémentaires. C’est énorme. »

Face à l’inflation, Mohamed avait anticipé en changeant de véhicule pour un modèle hybride il y a deux ans et demi, afin de limiter l’impact du carburant. Une stratégie qui lui a permis de « retrouver une rentabilité plus correcte », jusqu’à aujourd’hui. Car désormais, « la rentabilité est beaucoup plus compliquée, mais on n’a pas le choix, les charges, il faut les payer », résume-t-il. « On se verse de moins en moins de salaire, c’est le quotidien de tous les chauffeurs de taxi. »

Des chauffeurs contraints de refuser certaines courses 

Spécialisé dans le transport sanitaire, Mohamed subit également les effets d’une nouvelle convention de la sécurité sociale. Un « impact colossal », selon lui, car certains chauffeurs sont désormais contraints de refuser des courses médicales devenues trop peu rentables.

Lui fait le choix inverse, au prix d’un effort économique important : « J’essaie de garder la même activité quitte à être moins rentable que beaucoup d’autres ». Il multiplie les petites courses, pourtant peu rémunératrices : « Les toutes petites courses réalisées sont catastrophiques aujourd’hui en termes de chiffres, mais j’en fais beaucoup tous les jours. »

« Tous les Français sont laissés sur le bord de la route »

Au-delà des difficultés économiques, Mohamed exprime un malaise face à ce qu’il perçoit comme une absence de soutien des pouvoirs publics. Alors que des mesures ont été annoncées pour d’autres secteurs comme les routiers ou les agriculteurs, les taxis estiment être laissés de côté.

« Tous les Français sont laissés sur le bord de la route ce sont des mesurettes », estime-t-il, appelant à une intervention plus forte de l’État. Il rappelle que plus de 50 % du prix du carburant correspond à des taxes, laissant selon lui une marge d’action importante : « L’État a la main il peut décider de faire vivre son pays ».

« La circulation, c’est le sang du peuple »

Au-delà de son cas personnel, Mohamed alerte sur les conséquences plus larges de cette crise énergétique. Il observe déjà un ralentissement de l’activité économique, perceptible dans la circulation : « Il y a beaucoup moins de bouchons que d’habitude, beaucoup moins de gens qui prennent leur voiture. La circulation, c’est le sang du peuple. Quand les voitures circulent, c’est que l’économie tourne. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas ».

Face à la situation, Mohamed évoque deux scénarios possibles : soit une pénurie durable maintenue par des prix élevés, soit une intervention de l’État pour relancer la consommation via une baisse des taxes. « Mais j’y crois pas trop », admet-il. Il se montre en revanche favorable à l’idée de prix plafonnés, comme évoqué par la CGT : « C’est la juste valeur. L’énergie, c’est quelque chose d’absolument primordial. L’État doit décider des tarifs pour faire vivre son pays ».

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