Alors qu'un mouvement de grève était prévu ce mardi 7 avril, cette mobilisation n'est plus à l'ordre du jour. Les pêcheurs ont décidé de "privilégier l'intérêt général et la souveraineté alimentaire". Mais face à l'augmentation continue du prix des carburants, les pêcheurs d'Occitanie interpellent le gouvernement, veulent de nouvelles mesures et menacent d’actions le cas échéant. Un courrier a été adressé pour obtenir une rencontre avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud.
Mais le sentiment de trahison domine sur les quais, comme l'explique Bernard Pérez, président du Comité Régional des Pêches Maritimes d’Occitanie, au micro de Sud Radio, alors que le 24 mars, le gouvernement a annoncé 70 millions d'euros d'aides pour les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs, avec, entre autres, une aide de 20 centimes par litre de gazole maritime acheté pour la filière pêche.
"Chaque marin perd 375 € par semaine"
" Nous avons privilégié l’intérêt général, le dialogue avec le gouvernement et la région. Et la souveraineté alimentaire pour fournir la population en produits frais ", souligne Bernard Pérez, président du Comité Régional des Pêches Maritimes d’Occitanie, au micro de Patrick Roger, sur l'antenne de Sud Radio. Comment les marins-pêcheurs sont-ils rémunérés ? "Nous partageons la pêche de la semaine. Nous répertorions tous les frais, dont le gasoil, et nous payons les marins chaque semaine. Aujourd’hui, au vu de l’augmentation du prix du gasoil, chaque marin perd 375 € par semaine. "
Une situation dramatique
Et le "Prêt Flash" de 3,80% comme annoncé par Roland Lescure ne passe pas auprès des entreprises qui ne peuvent plus payer leurs marins. La profession qui estime qu'il s'agit là d'"aberration", réclame une aide directe au litre ou un gel des prix. Car l'impact sur l'emploi est déjà dramatique. En Occitanie, le système de "la part" (salaire basé sur les bénéfices après frais) signifie que de nombreux marins ont en effet déjà des fiches de paie à zéro ou négatives depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
"Nous arrivons au seuil où ce n’est plus rentable"
Aujourd'hui, un patron-pêcheur perd de l'argent dès qu'il allume le moteur. Le gazole pêche approche en effet les 1,50 €/litre alors que le "seuil de survie" est estimé à 0,80 €. "Bientôt, on ne pourra plus rien leur donner, et l’armement est lui aussi en perte totale. Le gasoil pêche frôle les 1,50 € le litre, alors qu’il faut qu’il ne dépasse par les 0,80 € le litre pour que l’activité demeure viable. Avant la crise, nous en étions à 0,70 €. C’était convenable, on pouvait travailler. Depuis début mars, cela ne cesse d’augmenter et nous arrivons au seuil où ce n’est plus rentable."
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"Tout le monde est à bout, c'est intenable"
"Les chalutiers sont les plus impactés, mais tous les métiers de la pêche sont touchés par cette hausse du prix du gasoil", insiste Bernard Pérez, président du Comité Régional des Pêches Maritimes d’Occitanie, sur l'antenne de Sud Radio. Que propose le gouvernement ? "On nous propose des prêts qui, très sincèrement, ne nous conviennent pas du tout. On ne peut pas non plus avoir une baisse de 20 centimes. Cela va faire un gasoil à 1,30 €, c’est intenable. Vu la conjoncture et ce qui se profile à l’horizon, il faut déjà se préparer pour qu’il n’y ait pas de pénurie de gasoil."
"Nous demandons un plafonnement à 80 centimes"
"C’est une priorité pour tous les gens qui travaillent. Nous ne sommes pas les seuls, il y a aussi les routiers, les infirmiers. Nous demandons un plafonnement à 80 centimes. Il y a des taxes, mais c’est à l’état de nous faire des propositions en fonction de ce que l’on consomme tous les jours. Tout le monde est à bout, cela devient de plus en plus compliqué pour les marins comme pour les armateurs."
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